Notre jumelage avec Saint-Gaudens (31)

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En ce début du mois d’août, de passage en Haute-Garonne, dans les Pyrénées, nous avions organisé un temps d’échanges avec les collègues, Jean-Yves DUCLOS, maire, Joël GUILLERMIN et Evelyne RIERA, adjoints, du conseil municipal de la ville de Saint-Gaudens afin d’évoquer les perspectives de notre jumelage.

Nous avons effectué un tour complet de la commune avec les principaux projets en cours ou récemment réalisés. Nous avons beaucoup d’expériences à partager dans la gestion de nos villes, de taille égale, et jouant un rôle important au sein d’une grande intercommunalité rurale.

Nous sommes aussi revenus sur l’origine de ce jumelage issu de l’aide extraordinaire apportée en 1944 par une équipe de Saint-Gaudinois, tout juste sortis de captivité et qui décidèrent alors de venir apporter des biens de première nécessité aux habitants d’Avranches sinistrés. L’élan de générosité de ces trois hommes, par ailleurs membres de la chorale des chanteurs du Comminges, survit encore aujourd’hui à travers Michel RIBET, qui nous a reçu avec son équipe, dans son musée du circuit automobile du Comminges, et de Jean BAQUE, centenaire et témoin direct de cette belle histoire.

Depuis 2007, une association des « Amis d’Avranches » présidée par Lucette CASTEX-RASTELLI, rassemble une équipe de personnes mobilisées, avec la commune, par le développement de ces liens d’amitiés.Échanges scolaires, associatifs et sportifs, culturels… Les pistes sont nombreuses et nous auront à cœur de les explorer entre Occitanie et Normandie !

À suivre…

Thomas Becket : de Canterbury à Avranches, 850 d’histoire !

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Le 29 décembre 2019, à Canterbury dans le Kent, en Angleterre, avait lieu le 849e anniversaire du meurtre de l’archevêque Thomas Becket dans sa cathédrale.

Invité par Justin Welby, l’actuel archevêque de Canterbury, à participer à cet événement, dont le dénouement se tint à Avranches le 21 mai 1172, avec la pénitence du roi d’Angleterre et duc de Normandie Henri II Plantagenêt, reconnu coupable d’avoir commandité le meurtre de Thomas Becket, j’ai pu mesurer l’importance de la symbolique de cet événement historique qui résonne encore aujourd’hui dans un contexte géopolitique complexe.

À l’heure du Brexit il nous appartient plus que jamais d’entretenir les liens culturels et d’amitié entre nos pays européens.

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La datation du chef de saint Aubert !

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Portant la trace d’une étonnante perforation, attribuée à l’intervention divine de l’archange saint Michel, cette relique fut redécouverte il y a 1000 ans par les moines bénédictins du Mont puis déposée à Avranches en 1791, lors de la confiscation des biens du clergé ; depuis elle est conservée et exposée à la basilique Saint-gervais d’Avranches.

Le 25 juillet 2019, à l’initiative du professeur Pierre Bouet, le laboratoire d’anthropologie de l’université de Caen avait procédé à un examen du crâne de saint Aubert, célèbre relique de l’évêque fondateur du Mont Saint-Michel au tout début du VIIIe siècle. À cette occasion, en accord avec la paroisse et le diocèse de Coutances et d’Avranches, la ville d’Avranches a engagé l’étude par un laboratoire lyonnais de quelque grammes de matière osseuse afin de procéder à une datation par carbone 14 de la relique.

Crâne trépané datant du néolithique ? Boite crânienne victime d’une tumeur bénigne ? « invention révolutionnaire » ?

Parmi toutes ces spéculations, le mardi 17 décembre, à 16h30, à la mairie d’Avranches, nous avons donc présenté le résultat de cette datation scientifique, qui détermine avec une relative précision l’époque à laquelle vécu l’individu auquel appartenait cette boîte crânienne perforée, selon la légende, par l’archange saint Michel…

La datation enfin connue…

De 662 à 770 après Jésus-Christ, voilà la fourchette de dates donnée par l’analyse par radio carbone du crâne de saint Aubert.

Une quarantaine de personnes était présente à la conférence de presse, ce soir à la mairie, pour prendre connaissance de ce résultat commenté par le professeur Pierre BOUET, grand historien normand et fin connaisseur de l’histoire du Mont Saint-Michel.

Cette datation permet d’affirmer que l’individu à qui appartenait cette boîte crânienne était bien un mérovingien contemporain de la fondation du premier sanctuaire à saint Michel, au début du huitième siècle de notre ère ; rien ne s’oppose donc à ce qu’il s’agisse bien du crâne de l’évêque d’Avranches fondateur du Mont Saint-Michel !

Pierre BOUET a pu redonner les grandes étapes de la découverte de cette relique en 1017, et après qu’elle eut été dissimulée par les chanoines qui vivaient sur le Mont depuis l’époque d’Aubert jusqu’à leur éviction par les moines bénédictin, vers 966.

Journée du deuil allemand, 16 novembre 2019

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Au Mausolée de Huisnes-sur-mer

La cérémonie communément appelée journée du deuil allemand, s’est tenue comme de coutume au Mausolée de Huisnes-sur-mer. Pour beaucoup des personnes présentes ce fut un moment particulièrement important en cette année 2019, qui aura été l’année du 75e anniversaire du débarquement allié en Normandie, mais aussi de cette bataille de Normandie qui trouva son issue, ici même, au sud d’Avranches, lors de la percée devenue célèbre du Général Patton.

Une année riche en commémoration, riche en émotions, avec les ultimes témoignages des acteurs de ce deuxième conflit mondial au cours duquel soldats et civils mélangèrent leurs destins souvent tragiques.

Il y a plus d’un an, lorsque nous avions imaginé le programme de nos célébrations, ici dans le sud du département de la Manche, sur le territoire de notre communauté d’agglomération Mont-Saint-Michel Normandie, nous avions souhaité les inaugurer avec le Mémorial Day qui traditionnellement est célébré à Avranches, place Patton, puis au cimetière militaire américain De Montjoie Saint-Martin ; et déjà, nous avions envisagé cette journée du 16 novembre comme la date finale de notre cycle mémoriel.

Car, s’il est des lieux emblématiques qui témoignent avec force des drames humains de cette seconde guerre mondiale en Normandie nos deux nécropoles américaine et allemande en sont sans aucun doute les plus marquants.

Cela dit, si le cimetière de Montjoie Saint-Martin demeure un lieu qui rend un hommage éclatant à nos libérateurs, ici, face au Mont-Saint-Michel, c’est un tout autre message qui nous est délivré. Un message bouleversant, qui a mon sens prend immanquablement une dimension européenne, et constitue un héritage lourd qui nous parle de guerres ancestrales d’une terrible violence, et qui opposèrent deux peuples pourtant si proches !

Le mausolée de Huisnes est un lieu d’une force symbolique extraordinaire ; placé au centre de la baie du Mont-Saint-Michel, une baie où s’exerce dans l’esprit des hommes, et depuis treize siècles, le combat mystique de l’Archange saint Michel contre le mal, cet endroit fut choisis pour recevoir les dépouilles de plus de 11.000 hommes, femmes et enfants, victimes du conflit mais aussi de ses suites politiques.

Ce lieu symbolise à lui seul toutes les souffrances du peuple européen, il témoigne de l’absurdité de ces guerres fratricides et vaines dans un lieu où la beauté et l’immensité des paysages nous conduit au recueillement et à la sérénité.

Oui, je l’affirme, ce mausolée est un lieu magnifique. Un lieu qui bouleverse, qui conduit à méditer sur le destin de l’humanité… Mais malheureusement, peut-être, un lieu trop méconnu, trop secret, qu’il nous appartient de faire connaître, de faire vivre pour que chacun d’entre nous endosse pleinement son rôle de militant de la paix, de la réconciliation et de l’amitié entre les peuples.

Amitié concrétisée en ce jour où les lycéens de la ville de Korbach nous ont fait l’honneur de leur présence. Korbach, ville allemande de la Hesse, jumelle d’Avranches depuis 1963, et avec laquelle les relations débutèrent au lendemain de la guerre, dès 1953, avec une volonté farouche d’avancer sur le chemin de la réconciliation, seulement huit ans après la fin du conflit !

Nous avons pu redire à nos amis allemands que, sans leur présence cette cérémonie n’aurait pas été aussi solennelle et aussi riche de sens ; donc, au nom de l’ensemble des autorités présentes nous avons pu les remercier du fond du cœur de leur venue en Normandie mais aussi les féliciter pour leur engagement aux côtés de leurs professeurs.
Je suis convaincu, comme j’avais eu l’occasion de leur le dire le matin même lors de leur accueil à la mairie d’Avranches, que nos échanges constituent le ciment de notre Europe, qu’ils permettent de dépasser nos altérités, et d’unifier nos actions en faveur de la paix.

Cette année est aussi particulière puisque nous célébrons le 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin et de l’effacement de ce rideau de fer qui scinda l’Europe pendant de trop longues années. Et mes mots n’auraient sans doute pas la même sincérité si à l’occasion des échanges scolaires auxquels je pu participer en 1988 et 1989, avec Korbach, nous n’avions pu éprouver physiquement l’absurdité de cette frontière à laquelle nous rendions visite avec nos professeurs pour bien comprendre la nature des cicatrices du passé ; cicatrice physique et culturelle, comme une véritable balafre le fil de fer barbelé au centre de l’Europe, mais aussi cicatrice psychologique dont nous sommes tous imprégnés.

Et d’une manière certaine, le mausolée de Huisnes où nous célébrons cette journée du deuil allemand en votre compagnie est aussi une cicatrice, la cicatrice de la bataille de Normandie, de la libération du nord-ouest de la France et de notre drame européen que nous nous évertuons, année après année, décennie après décennie, à commuer en message d’espoir à l’intention des générations futures.

Pour conclure il convient de remercier l’ensemble des personnes qui s’impliquent dans ce projet, qui au-delà de sa dimension patrimoniale et mémorielle, possède une dimension éminemment éducative, au sens plein du terme.
Permettez moi de citer plus particulièrement le pasteur Pierre Rapp, Frédéric Besnier, madame Sonia Quiviger, Olivier Bayard, Philippe Breton et l’ensemble des enseignants des collèges et Lycées d’Avranches et de sa région qui se sont mobilisés cette année, les écoles de musique de la communauté d’agglomération autour de Jean-Christophe Police, et Alain-Gilles Chaussat chargé de mission du projet Pays d’Art et d’Histoire de la communauté d’agglomération Mont Saint-Michel Normandie.

Vive la France, vive l’Allemagne, vive la réconciliation entre nos peuples,

Et, plus que jamais, vive l’Europe !

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La cérémonie en présence de Monsieur le ministre plénipotentiaire de l’ambassade d’Allemagne à Paris,
Monsieur le préfet de la Manche,
Monsieur le Sénateur Jean Bizet
Monsieur le conseillé départemental, représentant du président Lefèvre, maire de Pontorson, André Denot
Monsieur le maire de Huisnes-sur-Mer, Yann Rabasté
Mesdames et messieurs les maires et élus du Sud-Manche
Monsieur le chef d’escadron de la compagnie de gendarmerie, commandant Van Blitz
Messieurs les représentants des cultes,
Monsieur le directeur du mausolée de Huisnes sur Mer,
Monsieur l’intendant du cimetière américain de Montjoie Saint-Martin,
Messieurs les représentants des associations patriotiques
Messieurs les anciens combattants, mesdames et messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames et messieurs les enseignants,
Les enfants des écoles du Sud-Manche et les lycéens de Korbach

75ème anniversaire de la libération d’Avranches, 31 juillet 2019

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Monsieur le sous-préfet ;

Monsieur le député ;

Monsieur le secrétaire aux affaires politiques de l’ambassade des USA représentant madame l’ambassadrice ;

Monsieur le général d’armée et président de la fondation Maréchal Leclerc de Hautecloque, Bruno Cuche ;

Monsieur L’intendant du cimetière militaire US de Montjoie-Saint-Martin ;

Messieurs les conseillers départementaux ;

Messieurs et mesdames les élus des villes jumelles d’Avranches ;

Frank Letch maire de Crediton, Klaus Friedrich maire de Korbach, Simon Crowcroft connétable de St Helier,

Monsieur le maire de Carolles, président de la communauté de communes Granville Terre & Mer ;

Mesdames et messieurs les élu(e)s des communes de la communes de la communauté d’agglomération Mont Saint-Michel Normandie ;

Messieurs les représentants de la Gendarmerie nationale, colonel Van Blitz, et major Gandon ;

Messieurs les sapeurs pompiers de la Manche, colonel Gras et capitaine Essouala ;

Messieurs les anciens combattants, mesdames et messieurs les portes drapeaux,

Madame Hélène Patton,

Mesdames et messieurs, chers amis,

Ce jour est un jour important pour Avranches, un jour de fête au cours duquel nous nous souvenons que la paix et la liberté ont un prix. Ce prix c’est celui de milliers d’hommes et de femmes, habitants de Normandie et d’ailleurs, qui ont péri lors de combats hord du commun.

Pour bien comprendre la valeur de cette paix et de cette liberté retrouvées il nous faut imaginer Avranches, il y a 75 ans. Le 31 juillet 1944. Imaginons cette ville détruite, abandonnée, ravagée par les bombes et les incendies. Repensons aux familles endeuillées ; mais aussi à la solidarité des communes environnantes, qui participent sous l’égide de quelques personnes, dont Léon Jozeau-Marigné, alors adjoint au maire, à l’organisation de l’aide aux plus démunis, femmes, enfants, vieillards, infirmes, alors que la guerre tarde à se terminer. Essayons de nous représenter ce que réalise alors, ici même, l’armée américaine, huit semaines après le débarquement allié sur les côtes normandes ; armée américaine qui projette toutes ses forces vers le sud, vers Avranches, après avoir longuement piétiné dans le bocage de la région saint-loise.

Le dimanche 30 juillet 1944, de multiples tirs d’obus alliés atteignent la ville. En fin d’après-midi, vers 20h30, les premiers GI’s surgissent à Avranches, au carrefour des Mares, avant de rejoindre le Mont Jarry. Ici et là des accrochages ont lieu.

Et, le 31 juillet, sous un soleil éclatant, il y a tout juste 70 ans, Avranches est le théâtre d’une offensive qui annonce la fin de la bataille de Normandie ! À 16 heures, la première colonne blindée américaine traverse la ville et en moins de trois jours, Patton réussit à faire passer sur la route unique reliant Avranches à Pontaubault sept divisions chargées d’envahir la Bretagne et de prendre à revers la défense allemande s’accrochant dans le sud de la Basse-Normandie. Ces événements appartiennent désormais au passé, à la grande Histoire, mais aussi à notre histoire locale.

Hommage aux Libérateurs

Cette journée du 31 juillet est donc une journée d’hommage aux libérateurs alliés. Une journée d’hommage aux soldats tués et dont les corps reposent tout près d’ici au cimetière de Montjoie Saint-Martin et où nous étions hier afin de fleurir une trentaine de tombes dont la Ville d’Avranches assure chaque année le fleurissement avec l’association des « fleurs de la mémoire ». Une journée d’hommage à ces soldats dont le premier d’entre eux reste sans aucun doute le général Patton, comme un symbole de l’audace et de la bravoure. Cette cérémonie est aussi le temps de se remémorer les liens entre Avranches et Patton. Des liens intimes. Dès les années 1910, le couple découvre le Mont Saint-Michel lors de leur voyage de noces. Plus tard, Georges Patton revient en France au sein de l’école de cavalerie de Saumur. Et il foule à nouveau le sol français pour combattre lors de la Grande Guerre au cours de laquelle il est blessé. La Seconde Guerre mondiale, permet donc à Patton de redécouvrir ce territoire.

Alors qu’il ronge son frein en Angleterre, il est finalement appelé en Normandie dans le courant du mois de juillet 1944, avec pour objectif d’accélérer la libération de la péninsule du Cotentin. Il met ainsi en place l’opération Cobra qui fera de lui le général de la Percée et le conduira, avec sa IIIe armée, sur la « Voie de la Liberté ». Patton voulait une seule chose : ne jamais être immobile, toujours être dans l’action, « avancer et continuer d’avancer, sans se soucier de devoir passer sur, sous ou à travers l’ennemi ». Telle était sa vision de la guerre.

Encore aujourd’hui, nous avons la possibilité de marcher dans les pas de ces hommes qui ont tracé la « Voie de la Liberté » ; une voie aujourd’hui culturelle et mémorielle qui représente cette paix chèrement regagnée en France. Comme aime à le rappeler Helen Patton, cette voie de la Liberté est « la colonne vertébrale de la liberté » ; et Avranches occupe une place toute particulière sur cette route avec cette place et son monument qui en constitue un jalon spectaculaire et le symbole de la Percée victorieuse de Patton et de la 3ème armée américaine.

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Hommage à la 2ème Division Blindée du général Leclerc

Et cette année, cette commémoration du 75ème anniversaire de la bataille de Normandie est marquée à Avranches par l’inauguration d’une borne de la 2ème Division Blindée du général Leclerc. Divison initialement formée de quelques centaines d’hommes autour du capitaine Leclerc de Hauteclocque à Koufra en Lybie le 1er mars 1941, la 2ème DB rassemble à compter de cette date les français libres qui, immédiatement après l’appel du 18 juin, refusent la capitulation de la France et décident de joindre l’Angleterre afin de poursuivre les combats contre l’Allemagne Nazie.

À compter du 1er août 1944, la division Leclerc débarque à Saint-Martin de Varreville, sur Utah Beach, et participe au sein de la 3ème armée de Patton à la fin de la bataille de Normandie avec son « baptême du feu » sur le sol français lors de la bataille de Mortain.

Il était important pour Avranches de s’inscrire dans cette route mémorielle afin de rendre hommage à ces combattants français ayant fait le choix d’un engagement au service de la France et de sa Libération du joug Nazi. Et je remercie le général Cuche, mais aussi Christophe Bayard, de leur présence.

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Alors, certes, nous commémorons des faits militaires, des faits de guerre. Et notre éloignement d’un tel contexte nous fait perdre la réalité des combats et de la mort et nous amène à nous détourner de cette histoire qui peu à peu perd ses témoins. Pourtant il n’y a qu’à travers la guerre et de son évocation que l’on prend conscience du cadeau que la paix représente. Une fois acquise, elle doit être cultivée, au quotidien, sans quoi elle se retrouve menacée. Il faut entretenir le souvenir des hommes et des femmes qui se sont battus pour cet idéal de liberté. Leur héroïsme montre la voie pour les générations à venir, qui sont amenées à prendre le relais des vétérans en gardant vivante la mémoire des événements de la Seconde Guerre mondiale. Commémorer la libération de la France et, plus largement, celle de l’Europe donne à chacun l’occasion d’apprendre du passé, et de construire l’avenir, avec un objectif : réconcilier les peuples.

La réconciliation qui est aujourd’hui une réalité que nous cultivons grace aux relations d’amitié que nous cultivons avec nos amis de Korbach, de Crediton, de St Helier et de Saint-Gaudens, notre « marraine de guerre » pyrénéenne.

À présent, je vous invite à vivre pleinement cette journée avranchinaise, à profiter des concerts et des personnes ici présentes qui auront à cœur de vous dédicacer un livre, une affiche, à échanger avec vous sur cette histoire et cette commémoration.

Et à tous je souhaite une très belle fête de la libération.

David Nicolas,maire d’Avranches & président de la communauté d’agglomération Mont Saint-Michel Normandie

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Avranches 14 juillet 2019

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Mesdames et messieurs, chers amis,

Je suis comme toujours très heureux de vous accueillir au nom du conseil municipal, en ce 14 juillet, dans notre bel hôtel de ville à l’occasion de notre fête nationale. C’est un réel plaisir de vous retrouver aussi nombreux pour ce moment patriotique qui permet à chacun et de chacune d’entre nous de manifester notre attachement à la France et aux valeurs de notre République.

Le 14 juillet c’est, vous le savez mais j’aime le rappeler, le souvenir d’une date historique, celle de la fête de la Fédération qui eut lieu le 14 juillet 1790 pour commémorer le premier anniversaire de la prise de la Bastille.

Cette fête, suggérée à l’Assemblée par La Fayette, célèbre la fédération de toute la nation française, alors en cours de constitution et alors que le pays reste encore constitué de Provinces héritières de duchés dont les « coutumes », au sens juridique du terme, sont souvent très différentes. Aussi, l’Assemblée en instituant cette commémoration du 14 Juillet avait bien à cœur de célébrer la réconciliation de TOUS les Français et d’engager notre pays sur la voie de l’unité nationale.

Déjà, donc, 230 ans, après la prise de la Bastille, et 229 ans après la fête de la Fédération, nous perpétuons cette tradition républicaine des départements et des communes qui jetèrent les bases de notre 14 juillet contemporain qui NOUS place, nous le peuple français au centre des célébrations en nous permettant d’affirmer notre souveraineté.

L’an passé le 14 juillet avait une saveur particulière avec cette coupe du monde, que l’équipe nationale avait enflammé, au gré de ces victoires successive et s’apprêtait à remporter. Rarement un 14 juillet n’avait rassemblé autant d’événements populaires de portée nationale et partout dans le Pays, les Français s’étaient rassemblés dans une même liesse nationale.

Et un an après nous revenons à un 14 juillet moins enflammé mais qui nous offre l’opportunité de réfléchir le rôle de la France, dans l’Europe et dans le Monde.

Cette année est celle du 75e anniversaire de notre Libération.

Avranches, dans deux semaines, vivra un temps fort avec la commémoration du 31 juillet, date historique de la percée d’Avranches réalisée par la troisième armée du général Patton. Il s’agit d’une date pour nous souvenir, pour se rappeler des mécanismes ordinaires de la guerre et du devoir de maintenir la Paix et la Liberté en combattant tous les obscurantismes.

Ces commémorations nous permettront d’accueillir nos amis européens des villes jumelés et partenaires, pour concrétiser nos indispensables relations d’amitiés ; et nous continuons à tisser notre réseau avec le Japon par exemple, dont les émissaires partagent la même visons d’échanges pacifiques, et d’échanges culturels et touristiques.

Au côté des grandes orientations diplomatiques données pas nos États, il nous revient le devoir d’œuvrer à notre échelle de tisser ces relations, d’inciter notre jeunesse à parcourir l’Europe et le monde afin de mesurer l’altérité des peuples et ainsi faire tomber les barrières de la « peur » et donc du « rejet » de ce qui est « étranger ».

C’est selon moi, l’une des meilleures manières de battre en brèche les idéologies du repli sur soi qui conduisent invariablement dans les impasses nationalistes que nous connaissons et que nous observons ici et là.

Donc, il nous revient aussi le devoir d’encourager notre jeunesse à s’engager au service de la France, et des relations européennes et internationales. C’est l’esprit de la France et cela doit rester dans nos gènes et constituer l’héritage des jeunes générations ! Une question ne doit jamais quitter notre esprit : notre France de l’Humanisme héritée de la Révolution et de l’après-guerre, qu’en faisons nous aujourd’hui ?

Plus que jamais, la France doit être moteur en Europe dans de nombreux domaines celui de l’Humanisme, certes, avec les enjeux migratoires qu’ils nous est impossible d’ignorer aujourd’hui ; mais aussi de la préservation de nos environnements naturels aujourd’hui fortement menacés.

Et j’ai la conviction que le premier engagement se situe à l’échelle de la commune !

Dans quelques mois, nous renouvellerons les exécutifs communaux partout en France. Ce sera un temps fort attendu pas tous les Français, un temps d’évaluation de nos mandats et de formulation de propositions nouvelles, constructives qui fasse avancer notre société sur le chemin de l’équité et de la justice sociale, de l’égalité des chances et de l’accès à l’éducation, à la santé, au travail, à la mobilité.

Au delà des querelles individuelles, c’est en œuvrant collectivement, au service de la collectivité, qu’il nous sera possible de construire ou tout simplement consolider nos acquis.

L’engagement est un devoir ! Et cet engagement qui nait la plupart du temps dans le monde associatif doit sans cesse être remis en avant car nous sommes trop souvent confrontés, au quotidien, à des postures consuméristes de la citoyenneté où l’individu pense à ses droits avant de se questionner sur ses devoirs ! Mais dans cette salle, nombreux sont ceux qui savent ce que signifie l’engagement : élus, sapeurs pompiers professionnels et bénévoles, gendarmes, membres et dirigeant d’associations, etc.

Plus que jamais, après ces cinq années au sein de ce conseil municipal, je suis convaincu par le rôle de la commune à l’échelle de notre Nation. La commune continue de constituer le socle primordial de notre République, dans le droit fil de ce que nos aînés ont bâti au fil des ans depuis 1790.

Nos communes doivent cependant se restructurer, s’associer face aux enjeux futurs ; la commune nouvelle que nous formons désormais avec Saint-Martin des Champs est la réponse à ces évolutions inéluctables qui nous obligent à être mieux armés faces à un monde qui se transforme et nous transforme. La commune a le devoir de conserver et promouvoir ce dialogue quotidien, instantané, entre chaque citoyen et sa « collectivité » !

Quoi qu’il en soit, l’engagement municipal, qu’elle que soit la commune !, est de façon évidente une manière d’accomplir utilement d’accomplir son devoir envers notre Nation qui continue de prodiguer à ses citoyens les services publics (certes parfois malmenés) indispensable à l’épanouissement de chacun et qui font de la France un pays de Liberté et de Paix.

En conclusion de cette allocution, je vous invite donc à œuvrer quotidiennement au bon exercice de votre devoir citoyen, à vous questionner sur le sens de cet héritage national que nous célébrons aujourd’hui, à ce signifie qu’être pleinement Français, de se sentir Français.

D’être fier est de revendiquer ce patrimoine national, constitué certes de « joies et de douleurs » en prenant une nouvelle fois conscience de notre valeur et de nos valeurs car, notre 14 juillet est bien un moment de cohésion et de fierté nationale !

Vive la République, Vive la France !

Et bon 14 juillet à tous !

Allocution de David Nicolas, maire d’Avranches

 

 

La baie du Mont Saint-Michel, réserve de biosphère UNESCO ?

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Le 6 mai dernier, avec plusieurs élus de la baie du Mont Saint-Michel, j’ai été interpelé publiquement par monsieur Bruno Blanzat concernant la protection de la Baie en tant que réserve de biosphère au titre de l’UNESCO.

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Voici ma réponse.

Monsieur Bruno BLANZAT-DEBOUCHE

Objet : réponse « ouverte », à la lettre ouverte de monsieur Bruno BLANZAT-DEBOUCHE aux élus de la Baie du Mont Saint-Michel.

Monsieur Bruno BLANZAT-DEBOUCHE,

J’ai été co-destinataire, le 6 mai dernier, d’une « lettre ouverte » publiée sur votre « profil facebook », adressée à plusieurs autres élus de la baie du Mont Saint-Michel concernant le 40ème anniversaire le l’inscription du Mont Saint-Michel et sa baie au patrimoine mondial.

Dans cette lettre ouverte, vous soulevez diverses interrogations auxquelles je souhaite simplement apporter quelques éléments sans avoir la prétention de détenir, à ce jour, toutes les réponses.

Tout d’abord vous demandez si dans notre « programme festif » il est « prévu d’intégrer la baie, toute la baie et ses 110 communes, dans une réserve de biosphère, selon les valeurs de l’UNESCO ? ». À moins que cette question soit ironique, vous devez bien vous douter qu’il n’en sera rien puisque, comme cela est précisé par l’UNESCO (sur son site internet consultable en suivant ce lien : http://www.unesco.org/…/ecological-scie…/biosphere-reserves/), Je cite :

« Les réserves de biosphère sont des zones comprenant des écosystèmes terrestres, marins et côtiers. Chaque réserve favorise des solutions conciliant la conservation de la biodiversité et son utilisation durable.
Elles sont « des sites de soutien pour la science au service de la durabilité » – des lieux spéciaux où tester des approches interdisciplinaires afin de comprendre et de gérer les changements et les interactions entre systèmes sociaux et écologiques, y compris la prévention des conflits et la gestion de la biodiversité.
La candidature des réserves de biosphère est présentée par les gouvernements nationaux et restent placées sous la juridiction souveraine des États où elles se trouvent. Leur statut est reconnu au plan international ».

J’insiste sur le caractère particulier de cette démarche qui doit nécessairement être initiée et promue par les États souverains via leurs gouvernements nationaux, dans la quête de ce statut si particulier de réserve de biosphère. Donc, impossible que cela soit, comme vous le dites, inclus dans le « programme festif » du 40ème anniversaire de la labellisation de notre Baie.

De fait, les élus locaux n’ont pas la capacité à porter eux-mêmes cette démarche que je considère comme particulièrement pertinente cependant pour le Mont Saint-Michel et sa Baie. Pour cette raison, je compte relayer activement votre demande auprès de Christophe BEAUX qui, comme vous le savez sans aucun doute, a été nommé préfigurateur de l’EPIC national Mont Saint-Michel et qui pourrait intégrer cette perspective dans le projet ambitieux d’EPIC que nous sommes nombreux à soutenir. En effet, la haute valeur écologique et environnementale de la Baie pourrait sans nul doute prétendre à une telle reconnaissance.

Tout comme vous, je me soucie du devenir de notre patrimoine environnemental et naturel. La biodiversité est grandement menacée et je peux, à titre personnel, le vérifier chaque jour davantage. La limitation de l’artificialisation des sols, je vous rassure, est au cœur de nos réflexions dans l’élaboration de nos PLUI communautaires qui s’efforcent d’être particulièrement vertueux. À ce jour, les opérations immobilières dans nos espaces communautaires sont particulièrement limitées et raisonnables ; quant à « la course de certaines communes aux opérations immobilières » que vous évoquez, je m’inscris en faux dans le sens où l’étalement urbain est aujourd’hui considérablement jugulé au profit de la « densification » des zones déjà urbanisées. C’est un axe majeur des PADD (plan d’aménagements et de développement durable) de nos PLUI ! Concernant les communes littorales, sachez que, là également, les contraintes sont telles que le « bétonnage » des côtes est par bonheur devenu impossible et que nous veillons à ce que nos paysages remarquables soient intégralement préservés !

Vous dites par ailleurs que « les intercommunalités font l’impasse sur les mobilités douces, sur un réseau de transport public efficace et non polluant ». Sachez que la communauté d’agglomération Mont Saint-Michel Normandie, si elle a bien la compétence « transport-mobilité » depuis le 1er janvier 2017, celle reste déléguée à la Région Normandie avec laquelle nous œuvrons à l’amélioration des dispositifs existants. Notre EPCI n’a pas encore achevé sa réflexion dans ce domaine et, dans le contexte budgétaire contraint, que vous connaissez bien de par votre profession, il est utile de bien définir les besoins si nous souhaitons apporter les bonnes réponses aux habitants d’un territoire très majoritairement rural. Cela dit, nous travaillons activement, à l’échelon communal, intercommunal et départemental à la promotion d’un vrai « plan vélo » susceptible de favoriser ce type de mobilité. À titre personnel je crois qu’il faut favoriser l’inter-modalité permettant aux personnes de pratiquer plusieurs transports en communs sur un même trajet, comme cela se pratique déjà dans le nord de l’Europe, où les cyclistes peuvent très naturellement accéder aux trains voire aux bus.

Enfin, vous proposez d’encourager les investissements collectifs locaux dans la production d’énergie propre ; sachez qu’ici encore, dans ce domaine, il s’agit de projets soutenus par des politiques nationales, voire régionales. Cela dit nous sommes assez régulièrement amenés à accompagner, dans le cadre de nos compétences urbanisme ou habitat, divers projets photovoltaïques, de méthanisation ou même de rénovation énergétique (cf. les opérations programmées d’amélioration de l’habitat).

Quant à la chasse que vous semblez honnir, je vous invite à contacter directement les sociétés concernées, sachant que nos collectivités publiques n’encouragent nullement, contrairement à ce que vous affirmez, cette activité.

Espérant avoir répondu à vos interrogations, et restant à votre disposition, je vous prie de bien vouloir agréer mes sincères salutations.

À Avranches, le 11 mai 2019

David Nicolas

8 mai 2019 : d’un combat à l’autre, l’avenir de l’humanité en jeu…

À la Une

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Le second conflit mondial, dont nous commémorons l’épilogue en ce jour, a fait basculer l’humanité dans une guerre dont la cruauté n’avait été jusqu’à lors jamais atteinte et qui, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, fit plus de victimes civiles que militaires.

Insoutenable violence, rendue possible par la production industrielle d’armes toujours plus efficaces ayant produit des combats militaires d’une brutalité inouïe auxquelles se sont ajoutées les persécutions massives de populations civiles.

Ce jour est aussi le temps du souvenir de ces victimes du chaos dans lequel notre monde a sombré : victimes civiles, hommes, femmes et enfants, massacrés en raison de leurs origines confessionnelles, ethniques ou culturelles, du fait qu’ils soient opposants politiques à des régimes totalitaires. Victimes civiles, pourchassées, déportées et exterminées.

Mais aussi victimes civiles des combats meurtriers de la Libération de Normandie et d’ailleurs en Europe, qui périrent dans les innombrables bombardements et dont il nous est impossible d’oublier la disparition, ici, à Avranches, dans les bombardements qui frappèrent notre ville le 7 juin 1944.

La seconde guerre mondiale reste dans nos mémoires ces six années particulièrement sombres, de 1939 à 1945, qui occasionnèrent la mort de plus de 50 millions de personnes.

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crédit photographique : Nicolas Thomas, La Manche Libre

Il y a 74 ans, les hommes et les femmes de bonne volonté se sont immédiatement mis au travail pour reconstruire la France, au sein d’une Europe anéantie et bientôt divisée pour laquelle plus de quarante années ont été nécessaires afin d’asseoir la stabilité politique et économique garantes de la paix. Ainsi, le 8 mai 1945, si la liesse populaire envahissait les rues des villes et villages de France le chemin était encore long avant la fin de la reconstruction de ce monde nouveau qui est le nôtre aujourd’hui.

Et, puisque nous sommes réunis dans notre Hôtel de Ville, c’est l’occasion pour moi de vous livrer quelques réflexions qui viennent étayer le message ordinaire de nos commémorations. Car, si cette cérémonie qui est avant tout un temps de recueillement républicain au cours duquel nous devons penser à tous ces hommes et toutes ces femmes qui, à leur échelle, ont fait preuve de courage et ont défendu au prix de leur vie nos valeurs démocratiques et humanistes, elle doit également nous permettre de penser l’avenir.

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crédit photographique : Nicolas Thomas, La Manche Libre

74 ans après la fin du conflit notre cérémonie du 8 mai doit désormais regarder vers l’avenir. Pour beaucoup de nos concitoyens nos commémorations ne sont que le maintien du « souvenir du passé », une tradition républicaine qui est aussi outil de transmission de notre histoire à l’attention des plus jeunes qui bientôt auront à construire, à leur tour, le futur de l’humanité.

Pourtant force est de constater que nos cérémonies ne sont qu’une bien modeste contribution à la cause mémorielle du fait qu’elles ne touchent plus la jeunesse ; nous devons impérativement leur donner un écho plus ample auprès des familles, au sein de nos écoles, et dans une perspective européenne, si nous souhaitons réellement favoriser le maintien de notre union européenne qui demeure la meilleure garantie de notre sécurité dans un monde particulièrement instable.

Une Europe confraternelle au sein de laquelle les ennemis d’hier sont depuis plus de 60 ans les partenaires indissociables dans la construction de paix. Une Europe qui porte un message de paix et nous invite, comme ce matin, à nous souvenir, nous recueillir, pour transmettre afin de rester attentifs aux grands bouleversements de notre époque.

En cela, la perspective des élections européennes doit nous interroger sur la nécessité d’encourager les initiatives qui sont de nature à favoriser une Europe de la citoyenneté, fondée sur les liens institutionnels, associatifs et individuels que nous tisons au fil du temps.

Il est de notre devoir de travailler à la construction de cette Europe humaniste et culturelle qui doit permettre à chaque citoyen de faire valoir son identité dans la respect de celle de son voisin, dans une perspective de valorisation de l’altérité et de la complémentarité qui font la richesse et la diversité de ce concert des cultures européennes.

Ici à Avranches, et dans notre espace communautaire, nous nous évertuons à renforcer cette coopération européenne, bien souvent fondée sur des liens culturels, historiques et patrimoniaux. Ainsi nous œuvrons avec conviction au renforcement de nos relations amicales avec l’Allemagne, la Grande Bretagne et depuis peu avec l’Italie.

Samedi et dimanche dernier, nous étions encore en Italie du sud, dans les Pouilles, pour co-signer un pacte d’amitié entre la ville de Monte Sant’Angelo, la commune du Mont Saint-Michel et la communauté d’agglomération, afin de redévelopper les liens historiques qui unissent nos deux territoires, si différents pourtant, depuis plus de mille ans. Derrière cette démarche il y a la volonté de réaliser de vrais partenariats notamment dans le domaine touristique avec très bientôt des propositions concrètes qui contribueront à valoriser l’interconnexion, souvent très ancienne, de nos régions.

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Rencontre de Monte Sant’Angelo, région des Pouilles en Italie du sud, dans le cadre de la signature de la charte de Jumelage avec le Mont-Saint-Michel, le 4 mai 2019.

Je suis convaincu que c’est à travers ces initiatives que vivra et se développera l’Europe dont l’unité ne doit pas être mise à mal par les visées populistes et démagogiques de certaines formations politiques irresponsables.

Alors, certes, l’Union européenne n’est pas irréprochable dans la façon dont elle s’adresse aux citoyens qui peinent à en comprendre le fonctionnement et l’apport dans leur quotidien ; face à ce constat, il est aussi de notre devoir de mettre en avant les acquis de la coopération européenne qui résultent de la volonté de nos aînés de reconstruire notre vieux continent après le second conflit mondial.

Et je souhaite que les commémorations du 75ème anniversaire du débarquement et de la bataille de Normandie soient également propices à cette indispensable transmission des leçons de l’histoire ; mais nous aurons l’occasion dans reparler.

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Le sous-préfet d’Avranches et le chef d’escadron de gendarmerie remercient les élèves de l’école André Parisy de leur présence pour le chant de la Marseillaise ; crédit protographique : François Groualle, Avranches Infos.

Enfin, afin de compléter cette allocution, je souhaiterais évoquer brièvement un autre sujet dont, nous sommes tous conscients désormais, et qui constitue en soit un véritable combat qui propulse l’humanité dans une ère nouvelle et auquel nous ne pouvons plus nous soustraire.

Ce combat auquel nous devons prendre part dès à présent a pour enjeu la survie de l’humanité au sein d’éco-systèmes aujourd’hui menacés, dégradés voire déjà détruits.

À travers ce combat, c’est le modèle même de nos sociétés contemporaines que nous devons questionner ; c’est le fonctionnement de notre économie, la manière dont nous produisons et dont nous consommons qui doit être au cœur de nos préoccupations. Car comme l’affirme le biologiste Pierre Joliot-Curie :

« Une société qui survit en créant des besoins artificiels pour produire efficacement des biens de consommation inutiles ne paraît pas susceptible de répondre à long terme aux défis posés par la dégradation de notre environnement. »

Si nous n’y prenons pas garde, si nous ne prenons pas au sérieux ces indicateurs dont nous avons aujourd’hui la preuve de la véracité scientifique, alors nous allons à très court terme vers de nouveaux déséquilibres qui engendreront, ici et là, partout dans le monde, de nouveaux conflits dont les conséquences seront plus graves encore que ceux connus lors du dernier conflit mondial.

L’engagement de chacun de nous en faveur du maintien de la biodiversité est à présent une cause planétaire à laquelle nous ne pouvons plus rester insensibles.

Même si, a priori, nous sommes ici, dans la baie du Mont Saint-Michel dans un environnement préservé, nous devons avoir à l’esprit que la Terre est un tout, un ensemble fini, dont la préservation est indubitablement l’enjeu majeur.

Vaste sujet qui nous éloigne peut-être de notre commémoration du 8 mai mais qui pourtant doit attirer notre vigilance d’hommes libres du fait des menaces qui pèsent désormais sur nos équilibres planétaires.

Enfin, pour conclure je souhaite reprendre cette phrase de John Fitzgerald Kennedy qui disait ceci :

« Les problèmes du monde ne peuvent être résolus par des sceptiques ou des cyniques dont les horizons se limitent aux réalités évidentes. Nous avons besoin d’hommes capables d’imaginer ce qui n’a jamais existé. »

En ce sens, nous devons avoir confiance dans notre jeunesse en nous efforçant de lui expliquer les dangers du repli sur soi, révéler les mécanismes simplistes qui mènent irrémédiablement aux impasses idéologiques qui débouchent sur les conflits. Pour que nous puissions continuer à vivre libres et égaux en droits et pour que le plus grand bonheur de l’homme soit de naître, de vivre et de mourir sans connaître la guerre.

Merci de votre attention,

Vive notre République, vive la France et vive l’Europe !

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Visite amicale de René André, ancien député-maire d’Avranches, lors de la cérémonie du 8 mai 2019 ; crédit photographique : Nicolas Thomas, La Manche Libre.

Notre-Dame de Paris, le jour d’après

À la Une

Eugène Viollet Leduc

Notre-Dame, le jour d’après.
Il est des monuments qui sont des joyaux.
Universels, ils parlent à l’âme des hommes et des femmes sans que ceux-ci y prêtent attention tant cet attachement est naturel, intime et indicible. Jusqu’au jour où le drame arrive…
Ainsi en est-il des Parisiens, des Français et des millions de personnes qui, à travers le monde, sont familiers de Notre-Dame, monument symbole du génie humain, vieille dame millénaire qui traverse les époques et unit les générations depuis tant de siècles.
Alors oui, tandis que le brasier est maitrisé par les soldats du feu (et l’on imagine aisément à quel point l’engagement de ces pompiers fut intense face à la dimension exceptionnelle et émotionnelle du sinistre) et que les ruines sont encore fumantes, ce drame pourrait paraitre insurmontable !
Et pourtant ; même si la charpente médiévale est perdue à jamais, même si un mobilier important et de nombreuses oeuvres d’art sont sans doute irrémédiablement endommagés, même si les vitraux gothiques ont été en grande partie engloutis dans la fournaise, nous portons en nous la certitude qu’il sera possible de rebâtir Notre-Dame.
À bien y penser, le chantier de reconstruction de la cathédrale de Paris sera sans aucun doute, comme il le fut tout au long des siècles, le point de convergence des savoir-faire et de l’intelligence humaine. Ces années à venir seront difficiles. Il nous faudra une volonté extra-ordinaire pour aboutir. Mais il est évident que nous rebâtirons Notre-Dame et que ce gigantesque chantier mobilisera des centaines d’artisans, de compagnons, suscitera même des vocations.
Il est à souhaiter que cette épreuve sera aussi la preuve donnée à l’Homme, par les hommes et les femmes de bonne volonté, de leur capacité à surmonter les épreuves ; car si un joyau du génie humain a succombé hier dans les flammes, nous devons garder à l’esprit que l’état de dégradation de notre Terre en appelle à notre persévérance et à notre résilience, comme Notre-Dame qui devient de ce fait un symbole nouveau du devoir de l’Homme de ne jamais succomber ni renoncer dans l’adversité.
Fluctuat nec mergitur !

Les secrets des cathedrales, p 06, Construction d'une eglise a Saint-Denis (Miniature du XIIIe siecle)

EPIC du Mont Saint-Michel : fédérer les énergies !

À la Une

Aujourd’hui, jeudi 14 mars 2019, presque deux ans après la décision prise par Bernard Cazeneuve, son successeur, le premier ministre Édouard Philippe, est venu lancer officiellement la création de l’établissement public industriel et commercial (EPIC) du Mont Saint-Michel.

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Nous sommes nombreux à attendre depuis plusieurs mois cette évolution positive dans la gestion de ce site touristique international emblématique de Normandie.
À l’occasion de la table ronde organisée ce matin, j’ai pu rappeler à quel point le Mont-Saint-Michel était un lieu de convergences ; convergence des cultures, carrefour de civilisations, Patrimoine mondial de l’humanité.
Un site où le génie humain a su innover au fil des siècles dans les domaines de l’art et de l’architecture, mais aussi de l’aménagement du territoire !

53283545_2347487015485745_8674783277250248704_nLe Mont c’est aussi un lieu où s’expriment des valeurs humaines fortes : un lieu où l’homme se surpasse face aux contraintes du temps, des éléments et des aléas de l’histoire…

La nouvelle page qui s’ouvre dans l’histoire de ce site remarquable est une invitation à relever un nouveau défi, celui de l’entente entre les nombreux acteurs qui font vivre le site tant bien que mal mais malheureusement en ordre dispersé.
Nous allons devoir fédérer nos énergies de façon à faire fructifier nos spécificités respectives, entre collectivités territoriales, opérateurs privés et services de l’État.

J’ai beaucoup insisté sur la nécessité de renouer les liens multiséculaires entre la merveille de l’Occident et le territoire qui l’a fait grandir, de Cancale à Granville en passant par Avranches !
Le Mont-Saint-Michel est bien entendu un phare connu à travers le monde mais il doit aussi redevenir un lieu familier pour les habitants de la Baie.

Monsieur Christophe Beaux été nommé par le premier ministre pour organiser le futur ÉPIC qui devra voir le jour au 1er janvier 2020. Nous lui avons souhaité la bienvenue et l’avons assuré de notre total soutien dans sa mission.

 

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