14 juillet 2021 – Fête nationale

Notre cérémonie patriotique s’est tenue en présence des nouveaux citoyens français ayant reçu ce jour même leur décret de naturalisation des mains de Monsieur Gilles Traimond, Sous-préfet de l’arrondissement d’Avranches.

Profitant de cette date symbolique, notre devise républicaine Liberté, Égalité, Fraternité a été dévoilée après sa pose sur la façade de l’Hôtel de ville.

Journée du deuil allemand, 16 novembre 2019

À la Une

Au Mausolée de Huisnes-sur-mer

La cérémonie communément appelée journée du deuil allemand, s’est tenue comme de coutume au Mausolée de Huisnes-sur-mer. Pour beaucoup des personnes présentes ce fut un moment particulièrement important en cette année 2019, qui aura été l’année du 75e anniversaire du débarquement allié en Normandie, mais aussi de cette bataille de Normandie qui trouva son issue, ici même, au sud d’Avranches, lors de la percée devenue célèbre du Général Patton.

Une année riche en commémoration, riche en émotions, avec les ultimes témoignages des acteurs de ce deuxième conflit mondial au cours duquel soldats et civils mélangèrent leurs destins souvent tragiques.

Il y a plus d’un an, lorsque nous avions imaginé le programme de nos célébrations, ici dans le sud du département de la Manche, sur le territoire de notre communauté d’agglomération Mont-Saint-Michel Normandie, nous avions souhaité les inaugurer avec le Mémorial Day qui traditionnellement est célébré à Avranches, place Patton, puis au cimetière militaire américain De Montjoie Saint-Martin ; et déjà, nous avions envisagé cette journée du 16 novembre comme la date finale de notre cycle mémoriel.

Car, s’il est des lieux emblématiques qui témoignent avec force des drames humains de cette seconde guerre mondiale en Normandie nos deux nécropoles américaine et allemande en sont sans aucun doute les plus marquants.

Cela dit, si le cimetière de Montjoie Saint-Martin demeure un lieu qui rend un hommage éclatant à nos libérateurs, ici, face au Mont-Saint-Michel, c’est un tout autre message qui nous est délivré. Un message bouleversant, qui a mon sens prend immanquablement une dimension européenne, et constitue un héritage lourd qui nous parle de guerres ancestrales d’une terrible violence, et qui opposèrent deux peuples pourtant si proches !

Le mausolée de Huisnes est un lieu d’une force symbolique extraordinaire ; placé au centre de la baie du Mont-Saint-Michel, une baie où s’exerce dans l’esprit des hommes, et depuis treize siècles, le combat mystique de l’Archange saint Michel contre le mal, cet endroit fut choisis pour recevoir les dépouilles de plus de 11.000 hommes, femmes et enfants, victimes du conflit mais aussi de ses suites politiques.

Ce lieu symbolise à lui seul toutes les souffrances du peuple européen, il témoigne de l’absurdité de ces guerres fratricides et vaines dans un lieu où la beauté et l’immensité des paysages nous conduit au recueillement et à la sérénité.

Oui, je l’affirme, ce mausolée est un lieu magnifique. Un lieu qui bouleverse, qui conduit à méditer sur le destin de l’humanité… Mais malheureusement, peut-être, un lieu trop méconnu, trop secret, qu’il nous appartient de faire connaître, de faire vivre pour que chacun d’entre nous endosse pleinement son rôle de militant de la paix, de la réconciliation et de l’amitié entre les peuples.

Amitié concrétisée en ce jour où les lycéens de la ville de Korbach nous ont fait l’honneur de leur présence. Korbach, ville allemande de la Hesse, jumelle d’Avranches depuis 1963, et avec laquelle les relations débutèrent au lendemain de la guerre, dès 1953, avec une volonté farouche d’avancer sur le chemin de la réconciliation, seulement huit ans après la fin du conflit !

Nous avons pu redire à nos amis allemands que, sans leur présence cette cérémonie n’aurait pas été aussi solennelle et aussi riche de sens ; donc, au nom de l’ensemble des autorités présentes nous avons pu les remercier du fond du cœur de leur venue en Normandie mais aussi les féliciter pour leur engagement aux côtés de leurs professeurs.
Je suis convaincu, comme j’avais eu l’occasion de leur le dire le matin même lors de leur accueil à la mairie d’Avranches, que nos échanges constituent le ciment de notre Europe, qu’ils permettent de dépasser nos altérités, et d’unifier nos actions en faveur de la paix.

Cette année est aussi particulière puisque nous célébrons le 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin et de l’effacement de ce rideau de fer qui scinda l’Europe pendant de trop longues années. Et mes mots n’auraient sans doute pas la même sincérité si à l’occasion des échanges scolaires auxquels je pu participer en 1988 et 1989, avec Korbach, nous n’avions pu éprouver physiquement l’absurdité de cette frontière à laquelle nous rendions visite avec nos professeurs pour bien comprendre la nature des cicatrices du passé ; cicatrice physique et culturelle, comme une véritable balafre le fil de fer barbelé au centre de l’Europe, mais aussi cicatrice psychologique dont nous sommes tous imprégnés.

Et d’une manière certaine, le mausolée de Huisnes où nous célébrons cette journée du deuil allemand en votre compagnie est aussi une cicatrice, la cicatrice de la bataille de Normandie, de la libération du nord-ouest de la France et de notre drame européen que nous nous évertuons, année après année, décennie après décennie, à commuer en message d’espoir à l’intention des générations futures.

Pour conclure il convient de remercier l’ensemble des personnes qui s’impliquent dans ce projet, qui au-delà de sa dimension patrimoniale et mémorielle, possède une dimension éminemment éducative, au sens plein du terme.
Permettez moi de citer plus particulièrement le pasteur Pierre Rapp, Frédéric Besnier, madame Sonia Quiviger, Olivier Bayard, Philippe Breton et l’ensemble des enseignants des collèges et Lycées d’Avranches et de sa région qui se sont mobilisés cette année, les écoles de musique de la communauté d’agglomération autour de Jean-Christophe Police, et Alain-Gilles Chaussat chargé de mission du projet Pays d’Art et d’Histoire de la communauté d’agglomération Mont Saint-Michel Normandie.

Vive la France, vive l’Allemagne, vive la réconciliation entre nos peuples,

Et, plus que jamais, vive l’Europe !

74277277_2814755795224168_9094512907621761024_n.jpg

La cérémonie en présence de Monsieur le ministre plénipotentiaire de l’ambassade d’Allemagne à Paris,
Monsieur le préfet de la Manche,
Monsieur le Sénateur Jean Bizet
Monsieur le conseillé départemental, représentant du président Lefèvre, maire de Pontorson, André Denot
Monsieur le maire de Huisnes-sur-Mer, Yann Rabasté
Mesdames et messieurs les maires et élus du Sud-Manche
Monsieur le chef d’escadron de la compagnie de gendarmerie, commandant Van Blitz
Messieurs les représentants des cultes,
Monsieur le directeur du mausolée de Huisnes sur Mer,
Monsieur l’intendant du cimetière américain de Montjoie Saint-Martin,
Messieurs les représentants des associations patriotiques
Messieurs les anciens combattants, mesdames et messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames et messieurs les enseignants,
Les enfants des écoles du Sud-Manche et les lycéens de Korbach

Allocution du 11 novembre 2019

À la Une

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Il y a exactement 101 ans, s’achèvent les combats sur le front occidental du premier conflit mondial ; quatre ans de guerre et de combats d’une extrême violence s’achèvent qui ont laissé une France saignée à blanc avec 1 millions 500 milles victimes sur 8 millions de morts et de blessés de cette guerre.

Depuis le 11 novembre 1919, c’était donc il y a un siècle aujourd’hui !, fut mise en œuvre l’idée d’André Maginot, ministre de la guerre, d’allumer une « flamme du souvenir » qu’un « Comité de la Flamme » a depuis la tâche de raviver tous les jours au crépuscule, sous l’Arc de triomphe et qui ne s’est ne s’est jamais éteinte depuis, même pendant l’Occupation nazie de 1940 à 1944.

Notre 11 novembre devient « fête nationale » en 1922 ; et depuis 2012, ce Jour du Souvenir, qui célèbre l’anniversaire de 1918, rend aussi hommage à tous les morts pour la France ; commémorant ainsi tous les soldats français tombés en opération sans distinction de guerre ; c’est également à ces soldats que nous rendons hommage en ce jour.

Pour la petite histoire, notre histoire locale, c’est le dimanche 9 novembre 1924 que l’on inaugure le « Monument aux enfants d’Avranches morts pour la patrie », sous la présidence du général Nollet, ministre de la guerre, mais sous la présence effective du général Passaga, son représentant. Le matin, une messe de Requiem est donnée à la basilique Saint-Gervais avec des pièces de Haendel, Mozart, Lassus…

L’après-midi, on procède à l’inauguration proprement dite du monument avec l’appel des noms des « enfants d’Avranches morts pour la patrie ». On imagine aisément qu’elle fut l’émotion des participants qui ainsi rendaient enfin un hommage public, au cœur de la ville, à leurs proches disparus sur les champs de bataille.

Depuis, notre 11 novembre est toujours bien vivant à Avranches, comme en France et nous devons nous en réjouir ; il nous appartient, année après année de faire vivre ces commémorations avec le respect de la mémoire de nos défunts et de ces soldats revenus vivants de l’enfer des champs de bataille et marqués à jamais de ce qu’ils vécurent.

Cette année 2019 est aussi l’an I de la commune nouvelle d’Avranches-Saint-Martin et nous aurons à cœur de continuer à honorer comme nous l’avons fait ce matin, nos deux monuments, selon nos traditions respectives.

Il s’agit bien de rappeler le message de ces anciens de 14-18 qui, souvent au-delà de leurs souffrances et de leurs sacrifices individuels, n’avaient qu’une ambition, qu’une obsession : transmettre pour que leurs souffrances ne se reproduisent pas, pour que « leur » guerre soit la dernière ; et je reprends ici les propos de Charles Kuentz, dernier vétéran français de l’Armée Impériale de Guillaume II, qui déclarait encore peu avant sa disparition en 2005 : « Aux générations futures, je dirais : soyez les messagers de la paix… Soyez les passeurs de la mémoire de la Grande Guerre, car cette tragédie ne devra jamais être oubliée. Sinon elle risque de recommencer ».

75552863_2463910397206075_1741447490059632640_o

 

Une commémoration qui en suit une autre…

Cette année nous célébrons notre 11 novembre avec une dimension particulière du fait des commémorations du 30ème anniversaire du mur de Berlin ; commémorations qui prennent placent dans un contexte européen délicat.

Le 30ème anniversaire de la chute du mur de Berlin est en effet dans tous les esprits depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines, et la nécessité de commémorer cet événement, de le questionner aussi, est d’autant plus grand que nous sentons bien que cette Union européenne issue de ceux conflits mondiaux est aujourd’hui sérieusement menacée. Et cet événement européen majeur qui a ouvert la voie de la réconciliation et de la fin de la guerre froide, constitue une étape importante de la construction de la paix à l’échelle de notre « vieux continent ».

Si l’historien prend la peine de synthétiser les relations européennes, l’histoire des guerres européennes et des tensions entre les États depuis la Révolution française, il nous fait prendre conscience le la brutalité des conflits qui ébranlèrent nos sociétés occidentales : guerres Napoléoniennes, de 1803 à 1815, dont on peine à imaginer l’ampleur des pertes humaines ; guerre franco-allemande de 1870-1071, avec la perte des territoires Alsacien et Lorrain ; premier et second conflits mondiaux : histoires de conquêtes vaines de soldats sacrifiés par centaines de milliers ; histoire de populations civiles déplacées, de villages et de villes rasées ; d’exactions…

Et j’aime reprendre cette citation d’un poilu, Ferdinand Gilson qui disait : « Avec les Allemands, nous nous sommes tellement battus que nos sang ne font plus qu’un » .

Quoi qu’il en soit, voilà notre patrimoine européen. Lourd patrimoine, lourd héritage de nos ainés, dont le dernier avatar fut la partition de l’Europe en deux parties, deux blocs…

Avec, au centre, l’Allemagne découpée par les vainqueurs et aujourd’hui réunie pour continuer à forger l’unité européenne ; unité qui, malgré le choix britannique de quitter l’Union doit rester garante de stabilité pour ses citoyens, mais aussi à l’échelle du monde où, nous le voyons bien, quotidiennement, la tectonique géopolitique ne cesse de bouleverser les équilibres établis à la fin du XXe siècle.

Car, en Europe, si l’élargissement a été un succès géopolitique pour les pays de l’Union, il n’en reste pas moins que les relations entre l’Est et l’Ouest génèrent frustrations, rivalités et malentendus. Pourtant, même si l’Europe est aujourd’hui en crise sur plusieurs sujets, il ne faut pas oublier que la chute du mur de Berlin a permis d’entériner la fin du communisme en tant que régime totalitaire.

Et nous sommes nombreux à garder en mémoire ce symbole merveilleux donné par le violoncelliste Rostropovitch qui donnait devant un public médusé un concert improvisé des Suites de Bach, assis sur une simple chaise devant un pan de mur bariolé…

C’était il y a exactement 30 ans, le matin du 11 novembre 1989.

Magnifique symbole en effet, plein d’espoir, d’un espoir qu’il nous appartient de continuer à faire vivre !

Vive la République et vive la France ! Mais aussi, plus que jamais, vive l’Europe !

75ème anniversaire de la libération d’Avranches, 31 juillet 2019

À la Une

Monsieur le sous-préfet ;

Monsieur le député ;

Monsieur le secrétaire aux affaires politiques de l’ambassade des USA représentant madame l’ambassadrice ;

Monsieur le général d’armée et président de la fondation Maréchal Leclerc de Hautecloque, Bruno Cuche ;

Monsieur L’intendant du cimetière militaire US de Montjoie-Saint-Martin ;

Messieurs les conseillers départementaux ;

Messieurs et mesdames les élus des villes jumelles d’Avranches ;

Frank Letch maire de Crediton, Klaus Friedrich maire de Korbach, Simon Crowcroft connétable de St Helier,

Monsieur le maire de Carolles, président de la communauté de communes Granville Terre & Mer ;

Mesdames et messieurs les élu(e)s des communes de la communes de la communauté d’agglomération Mont Saint-Michel Normandie ;

Messieurs les représentants de la Gendarmerie nationale, colonel Van Blitz, et major Gandon ;

Messieurs les sapeurs pompiers de la Manche, colonel Gras et capitaine Essouala ;

Messieurs les anciens combattants, mesdames et messieurs les portes drapeaux,

Madame Hélène Patton,

Mesdames et messieurs, chers amis,

Ce jour est un jour important pour Avranches, un jour de fête au cours duquel nous nous souvenons que la paix et la liberté ont un prix. Ce prix c’est celui de milliers d’hommes et de femmes, habitants de Normandie et d’ailleurs, qui ont péri lors de combats hord du commun.

Pour bien comprendre la valeur de cette paix et de cette liberté retrouvées il nous faut imaginer Avranches, il y a 75 ans. Le 31 juillet 1944. Imaginons cette ville détruite, abandonnée, ravagée par les bombes et les incendies. Repensons aux familles endeuillées ; mais aussi à la solidarité des communes environnantes, qui participent sous l’égide de quelques personnes, dont Léon Jozeau-Marigné, alors adjoint au maire, à l’organisation de l’aide aux plus démunis, femmes, enfants, vieillards, infirmes, alors que la guerre tarde à se terminer. Essayons de nous représenter ce que réalise alors, ici même, l’armée américaine, huit semaines après le débarquement allié sur les côtes normandes ; armée américaine qui projette toutes ses forces vers le sud, vers Avranches, après avoir longuement piétiné dans le bocage de la région saint-loise.

Le dimanche 30 juillet 1944, de multiples tirs d’obus alliés atteignent la ville. En fin d’après-midi, vers 20h30, les premiers GI’s surgissent à Avranches, au carrefour des Mares, avant de rejoindre le Mont Jarry. Ici et là des accrochages ont lieu.

Et, le 31 juillet, sous un soleil éclatant, il y a tout juste 70 ans, Avranches est le théâtre d’une offensive qui annonce la fin de la bataille de Normandie ! À 16 heures, la première colonne blindée américaine traverse la ville et en moins de trois jours, Patton réussit à faire passer sur la route unique reliant Avranches à Pontaubault sept divisions chargées d’envahir la Bretagne et de prendre à revers la défense allemande s’accrochant dans le sud de la Basse-Normandie. Ces événements appartiennent désormais au passé, à la grande Histoire, mais aussi à notre histoire locale.

Hommage aux Libérateurs

Cette journée du 31 juillet est donc une journée d’hommage aux libérateurs alliés. Une journée d’hommage aux soldats tués et dont les corps reposent tout près d’ici au cimetière de Montjoie Saint-Martin et où nous étions hier afin de fleurir une trentaine de tombes dont la Ville d’Avranches assure chaque année le fleurissement avec l’association des « fleurs de la mémoire ». Une journée d’hommage à ces soldats dont le premier d’entre eux reste sans aucun doute le général Patton, comme un symbole de l’audace et de la bravoure. Cette cérémonie est aussi le temps de se remémorer les liens entre Avranches et Patton. Des liens intimes. Dès les années 1910, le couple découvre le Mont Saint-Michel lors de leur voyage de noces. Plus tard, Georges Patton revient en France au sein de l’école de cavalerie de Saumur. Et il foule à nouveau le sol français pour combattre lors de la Grande Guerre au cours de laquelle il est blessé. La Seconde Guerre mondiale, permet donc à Patton de redécouvrir ce territoire.

Alors qu’il ronge son frein en Angleterre, il est finalement appelé en Normandie dans le courant du mois de juillet 1944, avec pour objectif d’accélérer la libération de la péninsule du Cotentin. Il met ainsi en place l’opération Cobra qui fera de lui le général de la Percée et le conduira, avec sa IIIe armée, sur la « Voie de la Liberté ». Patton voulait une seule chose : ne jamais être immobile, toujours être dans l’action, « avancer et continuer d’avancer, sans se soucier de devoir passer sur, sous ou à travers l’ennemi ». Telle était sa vision de la guerre.

Encore aujourd’hui, nous avons la possibilité de marcher dans les pas de ces hommes qui ont tracé la « Voie de la Liberté » ; une voie aujourd’hui culturelle et mémorielle qui représente cette paix chèrement regagnée en France. Comme aime à le rappeler Helen Patton, cette voie de la Liberté est « la colonne vertébrale de la liberté » ; et Avranches occupe une place toute particulière sur cette route avec cette place et son monument qui en constitue un jalon spectaculaire et le symbole de la Percée victorieuse de Patton et de la 3ème armée américaine.

67528953_515928805882999_7018204319484739584_n

Hommage à la 2ème Division Blindée du général Leclerc

Et cette année, cette commémoration du 75ème anniversaire de la bataille de Normandie est marquée à Avranches par l’inauguration d’une borne de la 2ème Division Blindée du général Leclerc. Divison initialement formée de quelques centaines d’hommes autour du capitaine Leclerc de Hauteclocque à Koufra en Lybie le 1er mars 1941, la 2ème DB rassemble à compter de cette date les français libres qui, immédiatement après l’appel du 18 juin, refusent la capitulation de la France et décident de joindre l’Angleterre afin de poursuivre les combats contre l’Allemagne Nazie.

À compter du 1er août 1944, la division Leclerc débarque à Saint-Martin de Varreville, sur Utah Beach, et participe au sein de la 3ème armée de Patton à la fin de la bataille de Normandie avec son « baptême du feu » sur le sol français lors de la bataille de Mortain.

Il était important pour Avranches de s’inscrire dans cette route mémorielle afin de rendre hommage à ces combattants français ayant fait le choix d’un engagement au service de la France et de sa Libération du joug Nazi. Et je remercie le général Cuche, mais aussi Christophe Bayard, de leur présence.

67443457_2269759326609566_6900418410509762560_n

 

Alors, certes, nous commémorons des faits militaires, des faits de guerre. Et notre éloignement d’un tel contexte nous fait perdre la réalité des combats et de la mort et nous amène à nous détourner de cette histoire qui peu à peu perd ses témoins. Pourtant il n’y a qu’à travers la guerre et de son évocation que l’on prend conscience du cadeau que la paix représente. Une fois acquise, elle doit être cultivée, au quotidien, sans quoi elle se retrouve menacée. Il faut entretenir le souvenir des hommes et des femmes qui se sont battus pour cet idéal de liberté. Leur héroïsme montre la voie pour les générations à venir, qui sont amenées à prendre le relais des vétérans en gardant vivante la mémoire des événements de la Seconde Guerre mondiale. Commémorer la libération de la France et, plus largement, celle de l’Europe donne à chacun l’occasion d’apprendre du passé, et de construire l’avenir, avec un objectif : réconcilier les peuples.

La réconciliation qui est aujourd’hui une réalité que nous cultivons grace aux relations d’amitié que nous cultivons avec nos amis de Korbach, de Crediton, de St Helier et de Saint-Gaudens, notre « marraine de guerre » pyrénéenne.

À présent, je vous invite à vivre pleinement cette journée avranchinaise, à profiter des concerts et des personnes ici présentes qui auront à cœur de vous dédicacer un livre, une affiche, à échanger avec vous sur cette histoire et cette commémoration.

Et à tous je souhaite une très belle fête de la libération.

David Nicolas,maire d’Avranches & président de la communauté d’agglomération Mont Saint-Michel Normandie

67569448_2446792655555180_2851325888987922432_n.jpg

Avranches 14 juillet 2019

À la Une

Mesdames et messieurs, chers amis,

Je suis comme toujours très heureux de vous accueillir au nom du conseil municipal, en ce 14 juillet, dans notre bel hôtel de ville à l’occasion de notre fête nationale. C’est un réel plaisir de vous retrouver aussi nombreux pour ce moment patriotique qui permet à chacun et de chacune d’entre nous de manifester notre attachement à la France et aux valeurs de notre République.

Le 14 juillet c’est, vous le savez mais j’aime le rappeler, le souvenir d’une date historique, celle de la fête de la Fédération qui eut lieu le 14 juillet 1790 pour commémorer le premier anniversaire de la prise de la Bastille.

Cette fête, suggérée à l’Assemblée par La Fayette, célèbre la fédération de toute la nation française, alors en cours de constitution et alors que le pays reste encore constitué de Provinces héritières de duchés dont les « coutumes », au sens juridique du terme, sont souvent très différentes. Aussi, l’Assemblée en instituant cette commémoration du 14 Juillet avait bien à cœur de célébrer la réconciliation de TOUS les Français et d’engager notre pays sur la voie de l’unité nationale.

Déjà, donc, 230 ans, après la prise de la Bastille, et 229 ans après la fête de la Fédération, nous perpétuons cette tradition républicaine des départements et des communes qui jetèrent les bases de notre 14 juillet contemporain qui NOUS place, nous le peuple français au centre des célébrations en nous permettant d’affirmer notre souveraineté.

L’an passé le 14 juillet avait une saveur particulière avec cette coupe du monde, que l’équipe nationale avait enflammé, au gré de ces victoires successive et s’apprêtait à remporter. Rarement un 14 juillet n’avait rassemblé autant d’événements populaires de portée nationale et partout dans le Pays, les Français s’étaient rassemblés dans une même liesse nationale.

Et un an après nous revenons à un 14 juillet moins enflammé mais qui nous offre l’opportunité de réfléchir le rôle de la France, dans l’Europe et dans le Monde.

Cette année est celle du 75e anniversaire de notre Libération.

Avranches, dans deux semaines, vivra un temps fort avec la commémoration du 31 juillet, date historique de la percée d’Avranches réalisée par la troisième armée du général Patton. Il s’agit d’une date pour nous souvenir, pour se rappeler des mécanismes ordinaires de la guerre et du devoir de maintenir la Paix et la Liberté en combattant tous les obscurantismes.

Ces commémorations nous permettront d’accueillir nos amis européens des villes jumelés et partenaires, pour concrétiser nos indispensables relations d’amitiés ; et nous continuons à tisser notre réseau avec le Japon par exemple, dont les émissaires partagent la même visons d’échanges pacifiques, et d’échanges culturels et touristiques.

Au côté des grandes orientations diplomatiques données pas nos États, il nous revient le devoir d’œuvrer à notre échelle de tisser ces relations, d’inciter notre jeunesse à parcourir l’Europe et le monde afin de mesurer l’altérité des peuples et ainsi faire tomber les barrières de la « peur » et donc du « rejet » de ce qui est « étranger ».

C’est selon moi, l’une des meilleures manières de battre en brèche les idéologies du repli sur soi qui conduisent invariablement dans les impasses nationalistes que nous connaissons et que nous observons ici et là.

Donc, il nous revient aussi le devoir d’encourager notre jeunesse à s’engager au service de la France, et des relations européennes et internationales. C’est l’esprit de la France et cela doit rester dans nos gènes et constituer l’héritage des jeunes générations ! Une question ne doit jamais quitter notre esprit : notre France de l’Humanisme héritée de la Révolution et de l’après-guerre, qu’en faisons nous aujourd’hui ?

Plus que jamais, la France doit être moteur en Europe dans de nombreux domaines celui de l’Humanisme, certes, avec les enjeux migratoires qu’ils nous est impossible d’ignorer aujourd’hui ; mais aussi de la préservation de nos environnements naturels aujourd’hui fortement menacés.

Et j’ai la conviction que le premier engagement se situe à l’échelle de la commune !

Dans quelques mois, nous renouvellerons les exécutifs communaux partout en France. Ce sera un temps fort attendu pas tous les Français, un temps d’évaluation de nos mandats et de formulation de propositions nouvelles, constructives qui fasse avancer notre société sur le chemin de l’équité et de la justice sociale, de l’égalité des chances et de l’accès à l’éducation, à la santé, au travail, à la mobilité.

Au delà des querelles individuelles, c’est en œuvrant collectivement, au service de la collectivité, qu’il nous sera possible de construire ou tout simplement consolider nos acquis.

L’engagement est un devoir ! Et cet engagement qui nait la plupart du temps dans le monde associatif doit sans cesse être remis en avant car nous sommes trop souvent confrontés, au quotidien, à des postures consuméristes de la citoyenneté où l’individu pense à ses droits avant de se questionner sur ses devoirs ! Mais dans cette salle, nombreux sont ceux qui savent ce que signifie l’engagement : élus, sapeurs pompiers professionnels et bénévoles, gendarmes, membres et dirigeant d’associations, etc.

Plus que jamais, après ces cinq années au sein de ce conseil municipal, je suis convaincu par le rôle de la commune à l’échelle de notre Nation. La commune continue de constituer le socle primordial de notre République, dans le droit fil de ce que nos aînés ont bâti au fil des ans depuis 1790.

Nos communes doivent cependant se restructurer, s’associer face aux enjeux futurs ; la commune nouvelle que nous formons désormais avec Saint-Martin des Champs est la réponse à ces évolutions inéluctables qui nous obligent à être mieux armés faces à un monde qui se transforme et nous transforme. La commune a le devoir de conserver et promouvoir ce dialogue quotidien, instantané, entre chaque citoyen et sa « collectivité » !

Quoi qu’il en soit, l’engagement municipal, qu’elle que soit la commune !, est de façon évidente une manière d’accomplir utilement d’accomplir son devoir envers notre Nation qui continue de prodiguer à ses citoyens les services publics (certes parfois malmenés) indispensable à l’épanouissement de chacun et qui font de la France un pays de Liberté et de Paix.

En conclusion de cette allocution, je vous invite donc à œuvrer quotidiennement au bon exercice de votre devoir citoyen, à vous questionner sur le sens de cet héritage national que nous célébrons aujourd’hui, à ce signifie qu’être pleinement Français, de se sentir Français.

D’être fier est de revendiquer ce patrimoine national, constitué certes de « joies et de douleurs » en prenant une nouvelle fois conscience de notre valeur et de nos valeurs car, notre 14 juillet est bien un moment de cohésion et de fierté nationale !

Vive la République, Vive la France !

Et bon 14 juillet à tous !

Allocution de David Nicolas, maire d’Avranches

 

 

8 mai 2019 : d’un combat à l’autre, l’avenir de l’humanité en jeu…

À la Une

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Le second conflit mondial, dont nous commémorons l’épilogue en ce jour, a fait basculer l’humanité dans une guerre dont la cruauté n’avait été jusqu’à lors jamais atteinte et qui, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, fit plus de victimes civiles que militaires.

Insoutenable violence, rendue possible par la production industrielle d’armes toujours plus efficaces ayant produit des combats militaires d’une brutalité inouïe auxquelles se sont ajoutées les persécutions massives de populations civiles.

Ce jour est aussi le temps du souvenir de ces victimes du chaos dans lequel notre monde a sombré : victimes civiles, hommes, femmes et enfants, massacrés en raison de leurs origines confessionnelles, ethniques ou culturelles, du fait qu’ils soient opposants politiques à des régimes totalitaires. Victimes civiles, pourchassées, déportées et exterminées.

Mais aussi victimes civiles des combats meurtriers de la Libération de Normandie et d’ailleurs en Europe, qui périrent dans les innombrables bombardements et dont il nous est impossible d’oublier la disparition, ici, à Avranches, dans les bombardements qui frappèrent notre ville le 7 juin 1944.

La seconde guerre mondiale reste dans nos mémoires ces six années particulièrement sombres, de 1939 à 1945, qui occasionnèrent la mort de plus de 50 millions de personnes.

704971
crédit photographique : Nicolas Thomas, La Manche Libre

Il y a 74 ans, les hommes et les femmes de bonne volonté se sont immédiatement mis au travail pour reconstruire la France, au sein d’une Europe anéantie et bientôt divisée pour laquelle plus de quarante années ont été nécessaires afin d’asseoir la stabilité politique et économique garantes de la paix. Ainsi, le 8 mai 1945, si la liesse populaire envahissait les rues des villes et villages de France le chemin était encore long avant la fin de la reconstruction de ce monde nouveau qui est le nôtre aujourd’hui.

Et, puisque nous sommes réunis dans notre Hôtel de Ville, c’est l’occasion pour moi de vous livrer quelques réflexions qui viennent étayer le message ordinaire de nos commémorations. Car, si cette cérémonie qui est avant tout un temps de recueillement républicain au cours duquel nous devons penser à tous ces hommes et toutes ces femmes qui, à leur échelle, ont fait preuve de courage et ont défendu au prix de leur vie nos valeurs démocratiques et humanistes, elle doit également nous permettre de penser l’avenir.

Avranches 8 mai 2019
crédit photographique : Nicolas Thomas, La Manche Libre

74 ans après la fin du conflit notre cérémonie du 8 mai doit désormais regarder vers l’avenir. Pour beaucoup de nos concitoyens nos commémorations ne sont que le maintien du « souvenir du passé », une tradition républicaine qui est aussi outil de transmission de notre histoire à l’attention des plus jeunes qui bientôt auront à construire, à leur tour, le futur de l’humanité.

Pourtant force est de constater que nos cérémonies ne sont qu’une bien modeste contribution à la cause mémorielle du fait qu’elles ne touchent plus la jeunesse ; nous devons impérativement leur donner un écho plus ample auprès des familles, au sein de nos écoles, et dans une perspective européenne, si nous souhaitons réellement favoriser le maintien de notre union européenne qui demeure la meilleure garantie de notre sécurité dans un monde particulièrement instable.

Une Europe confraternelle au sein de laquelle les ennemis d’hier sont depuis plus de 60 ans les partenaires indissociables dans la construction de paix. Une Europe qui porte un message de paix et nous invite, comme ce matin, à nous souvenir, nous recueillir, pour transmettre afin de rester attentifs aux grands bouleversements de notre époque.

En cela, la perspective des élections européennes doit nous interroger sur la nécessité d’encourager les initiatives qui sont de nature à favoriser une Europe de la citoyenneté, fondée sur les liens institutionnels, associatifs et individuels que nous tisons au fil du temps.

Il est de notre devoir de travailler à la construction de cette Europe humaniste et culturelle qui doit permettre à chaque citoyen de faire valoir son identité dans la respect de celle de son voisin, dans une perspective de valorisation de l’altérité et de la complémentarité qui font la richesse et la diversité de ce concert des cultures européennes.

Ici à Avranches, et dans notre espace communautaire, nous nous évertuons à renforcer cette coopération européenne, bien souvent fondée sur des liens culturels, historiques et patrimoniaux. Ainsi nous œuvrons avec conviction au renforcement de nos relations amicales avec l’Allemagne, la Grande Bretagne et depuis peu avec l’Italie.

Samedi et dimanche dernier, nous étions encore en Italie du sud, dans les Pouilles, pour co-signer un pacte d’amitié entre la ville de Monte Sant’Angelo, la commune du Mont Saint-Michel et la communauté d’agglomération, afin de redévelopper les liens historiques qui unissent nos deux territoires, si différents pourtant, depuis plus de mille ans. Derrière cette démarche il y a la volonté de réaliser de vrais partenariats notamment dans le domaine touristique avec très bientôt des propositions concrètes qui contribueront à valoriser l’interconnexion, souvent très ancienne, de nos régions.

59705705_2383530878548025_7028020093577592832_n
Rencontre de Monte Sant’Angelo, région des Pouilles en Italie du sud, dans le cadre de la signature de la charte de Jumelage avec le Mont-Saint-Michel, le 4 mai 2019.

Je suis convaincu que c’est à travers ces initiatives que vivra et se développera l’Europe dont l’unité ne doit pas être mise à mal par les visées populistes et démagogiques de certaines formations politiques irresponsables.

Alors, certes, l’Union européenne n’est pas irréprochable dans la façon dont elle s’adresse aux citoyens qui peinent à en comprendre le fonctionnement et l’apport dans leur quotidien ; face à ce constat, il est aussi de notre devoir de mettre en avant les acquis de la coopération européenne qui résultent de la volonté de nos aînés de reconstruire notre vieux continent après le second conflit mondial.

Et je souhaite que les commémorations du 75ème anniversaire du débarquement et de la bataille de Normandie soient également propices à cette indispensable transmission des leçons de l’histoire ; mais nous aurons l’occasion dans reparler.

60137067_2383826321851814_1717818375293370368_n
Le sous-préfet d’Avranches et le chef d’escadron de gendarmerie remercient les élèves de l’école André Parisy de leur présence pour le chant de la Marseillaise ; crédit protographique : François Groualle, Avranches Infos.

Enfin, afin de compléter cette allocution, je souhaiterais évoquer brièvement un autre sujet dont, nous sommes tous conscients désormais, et qui constitue en soit un véritable combat qui propulse l’humanité dans une ère nouvelle et auquel nous ne pouvons plus nous soustraire.

Ce combat auquel nous devons prendre part dès à présent a pour enjeu la survie de l’humanité au sein d’éco-systèmes aujourd’hui menacés, dégradés voire déjà détruits.

À travers ce combat, c’est le modèle même de nos sociétés contemporaines que nous devons questionner ; c’est le fonctionnement de notre économie, la manière dont nous produisons et dont nous consommons qui doit être au cœur de nos préoccupations. Car comme l’affirme le biologiste Pierre Joliot-Curie :

« Une société qui survit en créant des besoins artificiels pour produire efficacement des biens de consommation inutiles ne paraît pas susceptible de répondre à long terme aux défis posés par la dégradation de notre environnement. »

Si nous n’y prenons pas garde, si nous ne prenons pas au sérieux ces indicateurs dont nous avons aujourd’hui la preuve de la véracité scientifique, alors nous allons à très court terme vers de nouveaux déséquilibres qui engendreront, ici et là, partout dans le monde, de nouveaux conflits dont les conséquences seront plus graves encore que ceux connus lors du dernier conflit mondial.

L’engagement de chacun de nous en faveur du maintien de la biodiversité est à présent une cause planétaire à laquelle nous ne pouvons plus rester insensibles.

Même si, a priori, nous sommes ici, dans la baie du Mont Saint-Michel dans un environnement préservé, nous devons avoir à l’esprit que la Terre est un tout, un ensemble fini, dont la préservation est indubitablement l’enjeu majeur.

Vaste sujet qui nous éloigne peut-être de notre commémoration du 8 mai mais qui pourtant doit attirer notre vigilance d’hommes libres du fait des menaces qui pèsent désormais sur nos équilibres planétaires.

Enfin, pour conclure je souhaite reprendre cette phrase de John Fitzgerald Kennedy qui disait ceci :

« Les problèmes du monde ne peuvent être résolus par des sceptiques ou des cyniques dont les horizons se limitent aux réalités évidentes. Nous avons besoin d’hommes capables d’imaginer ce qui n’a jamais existé. »

En ce sens, nous devons avoir confiance dans notre jeunesse en nous efforçant de lui expliquer les dangers du repli sur soi, révéler les mécanismes simplistes qui mènent irrémédiablement aux impasses idéologiques qui débouchent sur les conflits. Pour que nous puissions continuer à vivre libres et égaux en droits et pour que le plus grand bonheur de l’homme soit de naître, de vivre et de mourir sans connaître la guerre.

Merci de votre attention,

Vive notre République, vive la France et vive l’Europe !

7040-tab.jpg
Visite amicale de René André, ancien député-maire d’Avranches, lors de la cérémonie du 8 mai 2019 ; crédit photographique : Nicolas Thomas, La Manche Libre.

Cérémonie du souvenir des victimes et des héros de la déportation

À la Une

Ce dimanche matin, 28 avril 2019, nous nous rassemblons dans ce square Mainemer, à Avranches, pour honorer la mémoire des victimes et des héros de la Déportation.

Cette commémoration n’est pas uniquement une évocation de l’histoire, du passé, mais bien une manière de comprendre notre présent et et d’envisager notre avenir.

Ce matin nous nous réunissons dans ce square Mainemer pour nous souvenir des habitants d’Avranches ayant connu la déportation et l’extermination dans les camps de la mort.

Aujourd’hui nous nous souvenons de Simon et Rose Rosenthal et de leur fils Jacques déportés vers le camp d’Auschwitz en 1942. Nous nous souvenons aussi de Joseph et Dina Mainemer eux aussi déportés vers Auschwitz en 1942. Nous nous souvenons enfin d’Albert Mendelbaum lui aussi dénoncé et arrêté qui s’évada du camp d’Aurigny en juin 1944.

Ces vies avranchinaises brisées, nous les connaissons grâce au récit de ceux et celles qui survécurent. Aussi permettez moi de citer ce matin quelques extraits de l’œuvre de madame Simone Veil, décédée en juin 2017, et dont l’entrée au Panthéon, avec son époux, le 1er juillet dernier, est toujours dans nos mémoires.

Dans son autobriographie, intitulée « Une vie », parue en 2007, l’auteure écrit ceci :

« Tout ce qu’on peut dire, écrire, filmer sur l’Holocauste n’exorcise rien. La Shoah est omniprésente. Rien ne s’efface ; les convois, le travail, l’enfermement, les baraques, la maladie, le froid, le manque de sommeil, la faim , les humiliations, l’avilissement, les coups, les cris… non, rien ne peut ni ne doit être oublié. Mais au-delà de ces horreurs, seuls importent les morts. La chambre à gaz pour les enfants, les femmes, les vieillards, pour ceux qui attrapent la gale, qui clopinent, qui ont mauvaise mine ; et pour les autres, la mort lente. Deux milles cinq cents survivants sur soixante-dix-huit mille Juifs français déportés. Il n’y a que la Shoah ! L’atmosphère de crématoire, de fumée et de puanteur de Birkenau, je ne l’oublierai jamais ! Là-bas, dans les plaines allemandes et polonaises, s’étendent désormais des espaces dénudés sur lesquels règne le silence ; c’est le poids effrayant du vide que l’oubli n’a pas le droit de combler, et que la mémoire des vivants habitera toujours. »

Fin de citation […]

Au côté de cette mémoire des vivants, face au silence des disparus, s’inscrit la parole de ceux qui survécurent et que nous devons évoquer en ce jour ; cette parole qui a révélé l’action et le courage des personnes qui refusèrent de renier leur humanité pour venir en aide à d’autres hommes, femmes et enfants.

Ainsi, à Avranches, nous rendons hommage à Henri et Madeleine Bitard qui abritèrent pendant 40 jours à leur domicile, de novembre à décembre 1942, Anne-Marie Mainemer et Rose-Marie Mainemer avant leur évasion vers Caen, puis Lyon.

Nous rendons aussi hommage à la Paul et Élise Thomas qui recueillirent Estelle Rosenthal, âgée de quelques semaines seulement lorsque ses parents furent déportés en 1942. Ce sont « nos » Justes qui doivent demeurer des exemples d’humanité, en toute circonstance, maintenant et demain.

Permettez moi encore à leur sujet de citer Simone Veil :

« Cette mémoire des Justes est un trésor dont la sauvegarde est d’autant plus précieuse que le monde où nous vivons me semble menacé, non seulement par le désordre climatique, mais par le retour des intégrismes, après un demi-siècle où l’on avait pu se bercer du sentiment que la tolérance et l’œcuménisme étaient en progrès. »

Fin de citation […]

Car en effet, douze ans après la parution de l’autobiographie de madame Simone Veil, ses inquiétudes nous habitent chaque jour davantage.

Confrontés au constat de la montée des nationalismes, des discours xénophobes, conscients de l’augmentation du racisme sous toutes ses formes, de l’émergence des fanatismes politiques ou religieux et à la fréquente remise en cause des principes du droit et de la démocratie, le message que nous délivrons à l’occasion de cette commémoration est plus que jamais d’actualité.

Aussi, je vous invite à lire et relire Simone Veil, à vous nourrir de sa pensée édifiante qui nous amène à refuser le cynisme et l’indifférence pour considérer avec bienveillance les plus faibles d’entre nous qui sont exclus, rejetés, stigmatisés ou agressés, en raisons de leur origine, de leur culture, de leur religion. Enfin, à ce sujet, permettez-moi de citer une dernière fois ce matin un extrait de son livre ; extrait qui nous indique avec une grande clarté la voie de l’humanité qui se dessine dans la pénombre de la banalisation :

« Ce qui ruine le pessimisme fondamental des adeptes de la banalisation, c’est à la fois le spectacle de leur propre lâcheté, mais aussi, en contrepoint, l’ampleur des risques pris par les justes, ces hommes qui n’attendaient rien, qui ne savaient pas ce qui allait se passer, mais qui n’en ont pas moins couru tous les dangers pour sauver des juifs que, le plus souvent, ils ne connaissaient pas. Leurs actes prouvent que la banalité du mal n’existe pas. Leur mérite est immense, tout autant que notre dette à leur égard. En sauvant tel ou tel individu, ils ont témoigné de la grandeur de l’humanité. »

Fin de citation […]

Pour conclure, je souhaiterais vous remercier de votre présence à cette cérémonie importante, à laquelle vous êtes attachés ; cette journée du souvenir nous donne donc l’opportunité de concrétiser notre hommage en lançant un appel pour que tous les efforts soient poursuivis afin de donner son plein sens à notre devise républicaine :

Liberté, Égalité & Fraternité

Vive la République, vive la France !

58441603_2073563856277755_927140412500475904_n.jpg

Allocution du 11 novembre 2018, centième anniversaire de l’armistice

À la Une

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Il y a exactement 100 ans, à compter de 11 heures du matin le 11 novembre 1918, partout en France on annonce la fin des combats sur le front occidental. Quatre ans de guerre s’achèvent qui ont laissé une France exsangue et 1 millions 500 milles victimes sur 8 millions de morts et de blessés du conflit.

Le 11 novembre de l’année suivante, l’idée fut émise d’une « Flamme du Souvenir » qui fut allumée par le ministre de la Guerre André Maginot ; cette flamme sacrée qu’un « Comité de la Flamme » a depuis la tâche de raviver tous les jours au crépuscule ne s’est jamais éteinte, même pendant l’Occupation.

Plus tard, le 24 novembre 1922, le Parlement déclare le 11 novembre « fête nationale » avec la dénomination de « Jour du Souvenir » Depuis 2012, ce Jour du Souvenir, qui célèbre l’anniversaire de 1918, rend donc aussi hommage à tous les morts pour la France. Ainsi ce sont tous soldats français décédés en opération sans distinction de guerre auquel nous rendons hommage en ce jour. Notre 11 novembre est toujours bien vivant en France et nous devons nous en réjouir.

Cette année nous célébrons un centenaire, un « compte rond » avec une saveur particulière du fait d’un contexte européen complexe. La nécessité de commémorer avec peut-être plus d’insistance encore, parce que nous sentons bien que cette Union européenne issue de ceux conflits mondiaux est aujourd’hui sérieusement menacée.

 

45892992_2209536072643510_2681463720592277504_n

Les anciens de 14-18, au-delà de leurs souffrances et de leurs sacrifices, n’avaient qu’une ambition : que leur guerre fût la dernière, « la der des der ». Et pourtant, comme l’écrivait Jean Monnet :

« La guerre fut gagnée mais le Traité de Versailles n’installait pas la paix de façon durable » et il ajoutait encore :

« J’ai compris que l’égalité était absolument essentielle dans les rapports entre les peuples comme entre les hommes. Une paix d’inégalité ne peut rien donner de bon ».

« Une Europe réconciliée est et sera demain plus encore la réponse qu’ils attendaient de nous » disait François Mitterrand, le 11 novembre 1988, lors d’une allocution à Rethondes.

Nous l’avons vu hier après-midi, le président de la République a inauguré à Compiègne une plaque avec la chancelière allemande Angela Merkel afin de réaffirmer la nécessaire amitié franco-allemande au service de l’Europe et de la paix. Cette cérémonie de commémoration à la Clairière de Rethondes avait une forte valeur symbolique, en se tenant sur le lieu même de la signature de l’Armistice.

Point d’orgue des commémorations, une grande cérémonie aura lieu ce dimanche 11 novembre au matin, sous l’arc de Triomphe, en présence d’une soixantaine de chefs d’État et de gouvernements, dont Angela Merkel, Vladimir Poutine et Donald Trump qui seront ensuite reçus à l’Elysée.

Ensuite, la chancelière allemande, ouvrira à 15h30 la première édition du « Forum pour la paix » dans la Grande Halle de la Villette, de Paris, qui sera suivi d’une prise de parole du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Avec pour objectif de défendre le multilatéralisme, l’idée de ce forum est née d’un constat : le monde va mal. En témoignent la remise en cause de l’Otan, de l’OMC, de la justice internationale, l’incapacité des Nations unies à régler le conflit syrien, les crises migratoires, l’émergence de gouvernements nationalistes et populistes, ou encore la dérégulation d’Internet.

Il s’agit d’un rendez-vous qui a vocation à être reconduit d’année en année. Et le président de ce forum, Justin Vaïsse, directeur depuis 2013 du centre d’analyse, de prévision et de stratégie du ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères, explique à ce sujet : « Ce n’est pas un sommet pour la paix pour faire de la médiation ou de la diplomatie. C’est un sommet sur les conditions de la paix, sur la façon dont on peut améliorer l’organisation du monde, ses règles, ses institutions, pour parvenir à la paix ».

Mais, selon moi, cette volonté gouvernementale n’a pas de sens si à l’échelle de nos communes, l’initiative n’est pas relayée. Je suis convaincu qu’Avranches doit contribuer à cette « mission européenne et internationale » en maintenant et en développant ses liens d’amitiés et toutes les coopérations possibles avec Korbach, en Allemagne, et aussi avec toutes ses villes jumelées ou amies, de Crediton, de Saint Helier, Chester ou Riolo Terme dont plusieurs représentants se sont retrouvés ici même au mois de septembre pour précisément « réaffirmer » notre souhait d’unité et de relation d’amitié. Il est de notre devoir, d’œuvrer dans ce sens en souvenir de ce guerres meurtrières que nous ne voulons plus connaître sur le sol européen, ni ailleurs.

Nos monuments, nos commémorations, sont des biens précieux, ils constituent un patrimoine républicain et mémoriel essentiel qui doit s’inscrire de manière intelligible dans nos espaces publics de façon à questionner de manière permanente notre douloureux passé. Et l’enseignement de l’Histoire, sous toutes ses formes, doit demeurer une cause nationale majeure. Car l’Histoire demeure l’outil indispensable de la construction de nos mémoires collectives ; et je me réjouis qu’un peu partout, des initiatives fleurissent pour garder bien vivant le souvenir de ces souffrances humaines.

Force est de constater que ce centenaire a donné lieu à de nombreuses manifestations proposées localement pour accompagner ce centenaire. Il y a notamment la parution de la thèse de doctorat de Jérémie Halais Des normands sous l’uniforme, qui avec le soutien de la Ville d’Avranches et de la communauté d’agglomération, publication que je vous conseille vivement !, fait la synthèse de ce que vécurent les 30.000 hommes mobilisés du sud de la Manche. De cette somme dédiée à nos soldats, ressort leur condition très majoritairement rurale qui a impliqué un taux de pertes important avec 18 % de soldats tués du fait d’une affectation massive des agriculteurs dans les rangs de l’infanterie, arme la plus exposée aux dangers et aux combats. Au cœur de la recherche scientifique se sont de véritables portraits d’homme et de soldats qui surgissent des ténèbres de la Grande guerre. 35 dossiers documentaires de poilus ont été exploités pour cette étude ; chacun d’eux laisse apparaître un contexte familial et professionnel, un parcours de guerre où s’entremêlent épreuves physiques, combats, et relation épistolaire avec l’« arrière ». Témoignage émouvant, passionnant et éclairant sur ce que vécurent nos aïeux.

Cette évocation de des poilus de l’Avranchin me permet de citer un bref extrait du roman d’Henri Barbusse (1873-1935), Le Feu, journal d’une escouade, prix Goncourt 1916 :

« Ce ne sont pas des soldats: ce sont des hommes. Ce ne sont pas des aventuriers, des guerriers, faits pour la boucherie humaine […] Ce sont des laboureurs et des ouvriers qu’on reconnaît dans leurs uniformes. Ce sont des civils déracinés. »

Cette citation qui transcrit si bien cette réalité du déracinement, de l’humanité bafouée.

Notre musée d’art et d’histoire d’Avranches qui ouvre ses portes tout cet hiver, depuis le 20 octobre 2018 et jusqu’au 3 mars 2019, s’appuie sur les recherches de l’historien pour proposer une exposition remarquable dédiée à la vie de soldats du Sud-Manche,  au fil des quatre longues années du conflit. À l’occasion du Centenaire de la Première Guerre mondiale, la ville d’Avranches consacre une exposition aux soldats du Sud de la Manche dans la Grande Guerre. Grâce à la présentation de nombreux documents originaux (lettres, journaux, affiches, objets…), l’exposition suit les parcours des conscrits depuis la mobilisation, la vie dans les tranchées jusqu’au retour au foyer. S’appuyant sur les recherches récentes, elle révèle les comportements d’une génération d’hommes confrontés à l’autorité militaire et à l’horreur de la guerre. Je ne peux que vous inviter à découvrir cette belle exposition.

Enfin, une autre initiative mérite d’être signalée, celle de l’association Résonance créée en juillet 2015 suite à une rencontre : au cours d’un échange avec nos amis de Crediton,  Rod Brookes-Hocking, professeur qui organise dans sa ville des évènements culturels, nous a proposé de participer à un projet grandiose : créer un spectacle commun avec une ville allemande, une ville française et une ville anglaise. Le thème : la guerre de 14-18 vue de l’arrière dans trois pays européens en guerre. Au fil des mois, le projet s’est nourri de nombreuses recherches et de rencontres. Malheureusement, si le projet de dimension européenne initialement prévu n’a pu voir le jour, faute de moyens pourtant attendus et espérés avant le Brexit, l’équipe française a continué à travailler sur ce projet qui se traduit aujourd’hui par une pièce de théâtre remarquable baptisée « les absents ». Spectacle qui s’appuie sur les témoignages authentiques de civils restés à l’arrière, dans l’attente du retour de leurs absents, père, fils, époux… Cette pièce de théâtre remarquable, qui a été et sera proposé une dizaine de fois dans tout l’espace communautaire, est un merveilleux hommage, une belle façon de célébrer ce centième anniversaire de l’armistice de 1918.

À travers ces diverses propositions que je souhaitais énumérer ce matin, il y a, nous le voyons bien, une volonté populaire de commémorer, d’expliquer et de transmettre cette mémoire de la première guerre mondiale. Une volonté de faire vivre les leçons du passé. C’est bien en examinant les mécanismes des origines de la guerre, en humanisant les réçits, en les rendant accessibles à tous et notamment aux plus jeunes, qu’il est possible de demeurer sur le chemin de la paix et de la liberté.

En cela, le 11 novembre est un événement patriotique éminemment éducatif et je crois très sincèrement que le rôle de nos collectivités mais aussi de chaque citoyen est bien d’encourager tous ces projets culturels en faveur notamment de la jeunesse pour la dissuader de suivre les pistes de l’obscurantisme.

Vive la République et vive la France !

Mais aussi, plus que jamais, vive l’Europe !

46039328_2209535902643527_2200501093669011456_n

Inauguration du square du Souvenir Français colonel Arnaud Beltrame

À la Une

Inauguration du square du Souvenir Français
colonel Arnaud Beltrame

Lundi 18 juin 2018

Allocution du maire d’Avranches

 

35740991_2316840371690197_7242031862896394240_n

En ce 18 juin 2018, jour anniversaire de l’appel historique du général de Gaulle, nous nous souvenons de l’engagement de ceux qui on refusé de courber l’échine face à l’adversaire, de ceux qui ont souhaité continuer le combat malgré la défaite de la campagne de France.
Cet appel, encore aujourd’hui, nous questionne individuellement et collectivement sur cette notion d’engagement dans l’adversité, engagement qui, dans certaines situations, conduit à l’héroïsme.

Mais ce matin, en plein déroulé de cette cérémonie traditionnelle, nous procédons ici même, dans le jardin de l’évêché à l’inauguration du nouvel emplacement du monument du Souvenir Français.
Ce monument qui avait été installé il y a 110 ans au centre du square Thomas Becket et qui, du fait des travaux de rénovation du lieu, a du être transporté vers ce nouvel emplacement qui, il faut le reconnaître, a très rapidement été adopté par les Avranchinais ; comme si, d’une certaine manière, ce beau monument d’Avranches avait toujours été là !

Aussi, ce matin, je souhaite tout particulièrement remercier monsieur Guy Anfray (et son épouse Claude) délégué départemental du Souvenir Français d’avoir accepté de déplacer ce monument si cher aux Avranchinais et plus particulièrement aux associations patriotiques. En effet, le déplacement d’un monument n’est jamais une chose simple, et vous, avec bienveillance, vous avez été au côté de la Ville dans ce projet. Et puis, je tiens à vous remercier personnellement car, ensuite, vous avez immédiatement reçu favorablement l’idée d’associer le nom du Souvenir Français à celui du colonel Arnaud Beltrame, victime de l’attaque terroriste de Trèbes le 23 mars dernier et décédé quelques heures plus tard, le lendemain, à Carcassonne.

Je remercie également les associations patriotiques, CATM et UNC, Christian Lodiel et Michel Bator qui depuis ont, eux aussi, été facilitateurs dans cette opération de translation du monument.

Mais pourquoi alors, me direz-vous, associer le nom d’Arnaud Beltrame au Souvenir Français ?

Il nous a semblé pertinent d’associer le nom du colonel Arnaud Beltrame à celui du Souvenir Français pour plusieurs « bonnes raisons ». Tout d’abord, avec l’inauguration de cet espace urbain, nous avions une belle opportunité d’associer le nom du gendarme tué à Trèbes à un lieu dont la vocation mémorielle est particulièrement forte. Ensuite, nous nous sommes souvenu du fort attachement d’Arnaud Beltrame à nos cérémonies patriotiques lorsqu’il était à Avranches. Et enfin, mieux qu’une simple rue, cet espace historique de la ville, l’ancien jardin des évêques, constitue un lieu propice au souvenir de cet homme et de son engagement, bien mieux qu’une simple rue.

Mais en fait, pouvait-il en être autrement puisque, je le rappelle, les objectifs du Souvenir Français transparaissent dans sa devise : entretenir, se souvenir et transmettre…
Là encore, je vous remercie toutes et tous ici présents d’avoir validé ce choix pour que nous arrivions à ce jour.

35489410_2316841938356707_1424830094500691968_n

Le choix du 18 juin

Le 18 juin 1940 sur les ondes de la BBC, le Général de Gaulle appelait les Français à refuser la défaite et à poursuivre le combat avec lui en Grande-Bretagne, au sein des Forces Françaises Libres. Entouré de volontaires qui l’avaient rejoint dans son exil, il jetait les bases d’une alternative au régime de Vichy et à sa politique de collaboration avec l’Allemagne nazie : la France Libre.

En cela nous pouvons considérer qu’Arnaud Beltrame appartient à cette lignée de soldats, de Français, qui dans l’adversité, dans l’action même, a refusé de laisser se dérouler le « plan » prémédité par un terroriste dont l’objectif était de s’en prendre aux civils. Un soldat qui, dans l’action n’a pas hésité à mettre sa vie en péril pour épargner une vie civile.
À travers Arnaud Beltrame, ce matin, c’est bien son engagement que nous saluons. Ce matin, c’est tout autant à l’homme qu’à son acte héroïque que nous rendons hommage au cours de cette inauguration ; ce square appartient désormais à la géographie d’Avranches et son nom compte parmi ceux ayant marqué notre histoire locale et nationale.

Je souhaite également que ce temps d’inauguration soit un moment d’hommage à nos gendarmes qui, au quotidien, assurent notre sécurité. L’acte d’héroïsme du colonel Beltrame outre sa dimension exceptionnelle, nous a rappelé votre engagement, vos engagements en faveur de notre sécurité, ici, et partout ailleurs sur notre sol national.

Aussi ce square du Souvenir Français colonel Arnaud Beltrame est-il aussi un square dédié à la gendarmerie, de fait. Et nous n’oublions pas que le colonel Beltrame avait tenu le commandement de la compagnie d’Avranches durant quatre années, juste avant vous colonel Bétérous, et qu’il avait laissé ici en Normandie de nombreuses amitiés.

Enfin, pour conclure, cette brève allocution, je souhaite en votre nom à tous, adresser à la famille d’Arnaud Beltrame, sa maman et ses deux frères, toute l’amitié et la reconnaissance des habitants d’Avranches. J’étais en contact au cours des jours passés avec Cédric Beltrame qui m’a dit tout le bien qu’il pensait de notre démarche en m’affirmant qu’ils auraient aimé être présent s’ils avaient pu. À présent nous allons reprendre le déroulé de notre cérémonie vers le monument aux morts de la place Littré, avant le dépôt de gerbe des gendarmes, mais avant cela je souhaite vous remercier très sincèrement de votre présence fidèle à cette cérémonie.

Vive la République, vive la France !

 

35514214_2316842718356629_3578585197911736320_n