La baie du Mont Saint-Michel, réserve de biosphère UNESCO ?

Le 6 mai dernier, avec plusieurs élus de la baie du Mont Saint-Michel, j’ai été interpelé publiquement par monsieur Bruno Blanzat concernant la protection de la Baie en tant que réserve de biosphère au titre de l’UNESCO.

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Voici ma réponse.

Monsieur Bruno BLANZAT-DEBOUCHE

Objet : réponse « ouverte », à la lettre ouverte de monsieur Bruno BLANZAT-DEBOUCHE aux élus de la Baie du Mont Saint-Michel.

Monsieur Bruno BLANZAT-DEBOUCHE,

J’ai été co-destinataire, le 6 mai dernier, d’une « lettre ouverte » publiée sur votre « profil facebook », adressée à plusieurs autres élus de la baie du Mont Saint-Michel concernant le 40ème anniversaire le l’inscription du Mont Saint-Michel et sa baie au patrimoine mondial.

Dans cette lettre ouverte, vous soulevez diverses interrogations auxquelles je souhaite simplement apporter quelques éléments sans avoir la prétention de détenir, à ce jour, toutes les réponses.

Tout d’abord vous demandez si dans notre « programme festif » il est « prévu d’intégrer la baie, toute la baie et ses 110 communes, dans une réserve de biosphère, selon les valeurs de l’UNESCO ? ». À moins que cette question soit ironique, vous devez bien vous douter qu’il n’en sera rien puisque, comme cela est précisé par l’UNESCO (sur son site internet consultable en suivant ce lien : http://www.unesco.org/…/ecological-scie…/biosphere-reserves/), Je cite :

« Les réserves de biosphère sont des zones comprenant des écosystèmes terrestres, marins et côtiers. Chaque réserve favorise des solutions conciliant la conservation de la biodiversité et son utilisation durable.
Elles sont « des sites de soutien pour la science au service de la durabilité » – des lieux spéciaux où tester des approches interdisciplinaires afin de comprendre et de gérer les changements et les interactions entre systèmes sociaux et écologiques, y compris la prévention des conflits et la gestion de la biodiversité.
La candidature des réserves de biosphère est présentée par les gouvernements nationaux et restent placées sous la juridiction souveraine des États où elles se trouvent. Leur statut est reconnu au plan international ».

J’insiste sur le caractère particulier de cette démarche qui doit nécessairement être initiée et promue par les États souverains via leurs gouvernements nationaux, dans la quête de ce statut si particulier de réserve de biosphère. Donc, impossible que cela soit, comme vous le dites, inclus dans le « programme festif » du 40ème anniversaire de la labellisation de notre Baie.

De fait, les élus locaux n’ont pas la capacité à porter eux-mêmes cette démarche que je considère comme particulièrement pertinente cependant pour le Mont Saint-Michel et sa Baie. Pour cette raison, je compte relayer activement votre demande auprès de Christophe BEAUX qui, comme vous le savez sans aucun doute, a été nommé préfigurateur de l’EPIC national Mont Saint-Michel et qui pourrait intégrer cette perspective dans le projet ambitieux d’EPIC que nous sommes nombreux à soutenir. En effet, la haute valeur écologique et environnementale de la Baie pourrait sans nul doute prétendre à une telle reconnaissance.

Tout comme vous, je me soucie du devenir de notre patrimoine environnemental et naturel. La biodiversité est grandement menacée et je peux, à titre personnel, le vérifier chaque jour davantage. La limitation de l’artificialisation des sols, je vous rassure, est au cœur de nos réflexions dans l’élaboration de nos PLUI communautaires qui s’efforcent d’être particulièrement vertueux. À ce jour, les opérations immobilières dans nos espaces communautaires sont particulièrement limitées et raisonnables ; quant à « la course de certaines communes aux opérations immobilières » que vous évoquez, je m’inscris en faux dans le sens où l’étalement urbain est aujourd’hui considérablement jugulé au profit de la « densification » des zones déjà urbanisées. C’est un axe majeur des PADD (plan d’aménagements et de développement durable) de nos PLUI ! Concernant les communes littorales, sachez que, là également, les contraintes sont telles que le « bétonnage » des côtes est par bonheur devenu impossible et que nous veillons à ce que nos paysages remarquables soient intégralement préservés !

Vous dites par ailleurs que « les intercommunalités font l’impasse sur les mobilités douces, sur un réseau de transport public efficace et non polluant ». Sachez que la communauté d’agglomération Mont Saint-Michel Normandie, si elle a bien la compétence « transport-mobilité » depuis le 1er janvier 2017, celle reste déléguée à la Région Normandie avec laquelle nous œuvrons à l’amélioration des dispositifs existants. Notre EPCI n’a pas encore achevé sa réflexion dans ce domaine et, dans le contexte budgétaire contraint, que vous connaissez bien de par votre profession, il est utile de bien définir les besoins si nous souhaitons apporter les bonnes réponses aux habitants d’un territoire très majoritairement rural. Cela dit, nous travaillons activement, à l’échelon communal, intercommunal et départemental à la promotion d’un vrai « plan vélo » susceptible de favoriser ce type de mobilité. À titre personnel je crois qu’il faut favoriser l’inter-modalité permettant aux personnes de pratiquer plusieurs transports en communs sur un même trajet, comme cela se pratique déjà dans le nord de l’Europe, où les cyclistes peuvent très naturellement accéder aux trains voire aux bus.

Enfin, vous proposez d’encourager les investissements collectifs locaux dans la production d’énergie propre ; sachez qu’ici encore, dans ce domaine, il s’agit de projets soutenus par des politiques nationales, voire régionales. Cela dit nous sommes assez régulièrement amenés à accompagner, dans le cadre de nos compétences urbanisme ou habitat, divers projets photovoltaïques, de méthanisation ou même de rénovation énergétique (cf. les opérations programmées d’amélioration de l’habitat).

Quant à la chasse que vous semblez honnir, je vous invite à contacter directement les sociétés concernées, sachant que nos collectivités publiques n’encouragent nullement, contrairement à ce que vous affirmez, cette activité.

Espérant avoir répondu à vos interrogations, et restant à votre disposition, je vous prie de bien vouloir agréer mes sincères salutations.

À Avranches, le 11 mai 2019

David Nicolas

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