Une démocratie « brouillonne » ?

Suite au conseil communautaire du 11 décembre dernier, le journal Ouest-France a produit un article précisant que « la réunion du conseil de communauté d’agglo Mont-Saint-Michel-Normandie a mis au jour les difficultés que cette collectivité peut rencontrer dans son fonctionnement. » titrant ainsi :

Mont-Saint-Michel-Normandie. Un conseil d’agglo parfois « brouillon »…

https://www.ouest-france.fr/normandie/avranches-50300/mont-saint-michel-normandie-un-conseil-d-agglo-parfois-brouillon-6126235

 

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Après la parution de cet article, à ma demande, le service communication de la communauté d’agglomération a réclamé un droit de réponse auprès de la rédaction de Ouest-France afin de revenir sur le fonctionnement démocratique de nos institutions de manière a atténuer le point de vue quelque peu péjoratif et réducteur exprimé par ledit article.

Malheureusement, le journal n’a pas souhaité faire paraître ce droit de réponse qu’il me semble utile de livrer ici.

 

Retour sur le conseil communautaire du 11 décembre 2018

 Vous faites état dans les colonnes de votre édition datée du 13 décembre 2018 d’un conseil communautaire « brouillon ». À la lecture de cet article, la question suivante nous viens à l’esprit : un sujet permettant échanges et débats est-il, par nature : « brouillon » ?

Non, le fonctionnement du conseil communautaire de notre communauté d’agglomération Mont Saint-Michel – Normandie ne se limite pas à une approbation de délibérations sans amendement.

Oui, la réflexion, l’échange, le débat, parfois virulent, prend du temps. Mais l’exercice démocratique local ne mérite-t-il pas que l’on lui consacre trois heures de débats tous les deux mois ?

Oui, la parole libre, la confrontation de point de vue, parfois diamétralement opposés, prend du temps. Mais n’est-ce pas là le fondement de notre démocratie ?

Vous estimez également mettre à jour, je vous cite « les difficultés que cette collectivité peut rencontrer dans son fonctionnement. ».

Laissez-nous vous présenter le chemin emprunté par une délibération avant d’arriver devant notre conseil communautaire.

À titre d’exemple, la délibération portant sur l’intérêt communautaire, sujet « brouillon » selon-vous, a tout d’abord fait l’objet d’un courrier transmis à l’ensemble des conseils municipaux de nos 97 communes. En fonction des thématiques, ce sujet a ensuite été évoqué au sein des commissions tourisme et action sociale régulièrement réunies, en journée comme en soirée, en fonction des obligations calendaires. Cette question a ensuite été présentée aux vice-président(-e)s réuni(e)s chaque mercredi matin au sein du comité d’orientation, puis à l’ensemble des élu(e)s communautaires au sein des cinq réunions des pôles territoriaux.

Le fruit de ces débats successifs et de ce long travail de préparation et de concertation a permis la rédaction d’une note de présentation et d’un projet de délibération envoyés à l’ensemble des conseillers communautaires cinq jours avant la séance. L’ensemble des comptes rendus des différentes commissions citées sont disponibles, je vous invite à nous en faire la demande.

Il me parait enfin également important de rappeler que la participation et l’engagement des élu(e)s communautaires ne diminue pas, plus de 120 d’entre eux étant à nouveau présents à l’occasion de ce rendez-vous, preuve de la bonne santé démocratique de notre collectivité.

Franck ESNOUF

Vice-président en charge de la communication et du pôle territorial du Val de Sée

David NICOLAS

Président de la communauté d’agglomération Mont Saint-Michel – Normandie

 

En guise d’épilogue, je souhaiterais dire ceci :

Contrairement à ce que laisse à penser cet article, nous avançons, à notre rythme. Nous franchissons des obstacles imposés par la loi, les uns après les autres, méthodiquement. Ce qui peut apparaître pour certain comme des « difficultés » ne sont en fait que des étapes qu’il nous faut respecter ; c’était le cas de cette délibération portant sur la mise à jour réglementaire de nos statuts. La démocratie n’est pas une chose simple dans ses applications diverses. Les visions simplistes sont le lit du populisme.

Aujourd’hui ce type d’évaluation du caractère « brouillon » de nos instances démocratiques est tout à fait ravageur. Il concoure simplement à décrédibiliser et dévaluer le travail qui peut être fait par nos collectivités, voire, et c’est encore plus grave !, à démobiliser les élus les plus impliqués.

Ainsi nous alimentons un discours populiste autour des élus qui sont soit « tous pourris » ou bien « tous incompétents ». J’ai eu l’occasion de dire à plusieurs journalistes, que nous sommes en train de scier gentiment la branche sur laquelle nous sommes tous assis. L’avenir politique de notre pays nous réserve sans aucun doute quelques lendemains qui déchantent.

Enfin, pour conclure, je réaffirme mon attachement profondément républicain à la liberté de la Presse, liberté qui doit permettre a tout un chacun de pouvoir exprimer, dans le cadre d’un débat serein, un avis contradictoire.

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