La question des gens du voyage à Avranches

Il n’a pas échappé aux habitants de notre ville ainsi qu’à ceux des environs que nous sommes aujourd’hui dans une impasse concernant l’accueil des « gens du voyage ». Ces personnes tantôt appelée « gitans », « manouches », « romanichels », « nomades », doivent être selon les termes de la loi française accueillis sur des aires d’accueils mise à disposition par les collectivités territoriales, moyennant un tarif de location d’emplacement voté par délibération de ladite collectivité.

Chez nous, c’est la communauté de Commune d’Avranches qui exerce cette compétence et qui met à disposition une aire située à l’écart de la ville, entre la Sée et la route des carrières d’Apilly. Mais voilà, au fil des ans, cette aire est devenue trop petite, incapable d’absorber l’ensemble de ces nomades.

Alors, en effet, ces français « pas comme les autres » vivent différemment, attisent les suspicions, agacent, voire suscitent une franche animosité entachée de xénophobie voire de racisme.

Pourtant, pour les côtoyer, bien que leur mode de pensée diffère de celui des sédentaires, dans leur grande majorité ces gens n’aspirent qu’à la tranquillité, souhaitent la scolarisation de leurs enfants et espèrent trouver le « terrain » susceptible de les accueillir durablement.

Depuis maintenant plusieurs semaines, le quartier du Pont-Gilbert, au pied de la ville, « accueille » près de 50 caravanes ; ces caravanes occupent le site de l’ancienne « barre hlm » du quartier qui, pourtant, avait été doté de talus afin d’en interdire l’accès. Mais voilà, un talus est bien peu de chose face à la détermination d’un groupe qui souhaite forcer le passage ; surtout lorsqu’à la tête de cette communauté, un homme très gravement malade et fortement affaibli, que j’ai rencontré mardi, décide de s’installer à proximité de l’établissement où il doit suivre son traitement de chimiothérapie. Autour de lui, sa famille fait corps et de là s’ensuit une difficile cohabitation avec des voisins qui réclament à juste titre que ces occupants quittent les lieux.

Non loin de là, le quartier du Motté accueille sur un terrain également municipal une quinzaine de caravanes. La situation est sensiblement la même, une autre « famille » squatte, faute de places réglementaires disponibles, un terrain que la commune vient de vendre. Même ras-le-bol dans ce quartier, même incompréhension.

Quels sont les pouvoirs du maire face à une telle situation ?

Pouvoir de police tout d’abord ; c’est-à-dire pouvoir d’en faire appel à la justice si une situation d’occupation illicite d’un terrain municipal est avérée. Pourtant voilà, les personnes qui squattent, ici et là, n’ont pas de solution autre que celle-ci. Aucune collectivité ne leur offre le terrain sur lequel il pourraient s’installer en toute légalité.

Or, les démarches entreprises auprès de la justice sont vaines puisque nous sommes nous-même hors-la-loi, faute de terrain adaptés aux besoins réels.

Au-delà de cela, rien ne nous permet d’agir légalement, car, je le rappelle, c’est à l’échelon communautaire que se mettent en place les politiques d’accueil de ces populations ; et, dans ce domaine, les solutions à mettre en œuvre pour régler cette situation sont simples : trouver des terrains et les aménager.

Les devoirs de la communauté de communes

Or, aujourd’hui, et depuis tous ces mois, je constate avec dépit l’incapacité de la communauté de commune a entendre la voix des communes. Pourquoi ce silence et cet immobilisme ? Pourquoi ne pas entendre les besoins de tous ?

Des terrains existent. Des terrains qui répondraient aux exigences de chacun, des habitants sédentaires, des « nomades ».

Mais, las, rien ne bouge.

Comme dans bien d’autres domaines la communauté fait la sourde oreille comme si les communes n’existaient pas comme si la communauté de communes n’était pas l’émanation des communes !

Et, comme dans bien d’autres domaines, nous subissons le mutisme de cette collectivité, « notre » communauté de communes, qui, au lieu d’être au service des communes, comme le prévoit la loi, nous abandonne dans une impasse.

Cette réalité du terrain génère la lassitude légitime des Avranchinais et certains comportements liés à l’incompréhension de la situation. Au quotidien, nous sommes confrontés à une forte tension, comme hier après-midi lorsque des habitants du quartier du Pont-Gilbert sont venus à la mairie pour dire leur colère face à cette situation devenue intolérable. Lorsqu’ils sont passés en mairie, j’étais sur le terrain en « négociation » avec les nomades pour examiner les détails de leur départ. Le président de la communauté de commune était lui à des années lumières de ce problème, à Paris, au côté d’un candidat à l’élection présidentielle.

Alors oui, je suis fautif. Le maire d’Avranches est fautif de ne pas avoir su faire évoluer positivement cette situation qui depuis si longtemps et de n’avoir pas réussi à obtenir de la communauté de communes l’aide nécessaire pour trouver la solution, même provisoire, de repli la mieux adaptée.

Alors j’attends, nous attendons tous, avec impatience cette nouvelle communauté d’agglomération qui, en 2017, qui permettra de recréer un dialogue constructif entre cette communauté et notre commune d’Avranches pour enfin travailler à la création d’une aire d’accueil des gens du voyage digne de ce nom.

Le 25 novembre 2016

 

7 réflexions sur “La question des gens du voyage à Avranches

  1. bonjour Monsieur le maire, il me semble que la communauté de communes leur fournit une solution d’accueil il y a bien un terrain sauf que ces nomades ne daignent y aller. ce terrain est souvent inoccupé. nos enfants sont scolarisés à l’école Parisy et chaque jour ils sont racketés, harcelés, insultés par cette communauté que nous essayons d’accueillir. A ce sujet et pour le bien être de nos enfants, il faut aussi agir si vous ne voulez pas voir les enfants déserter les écoles d’avranches. merci de leur rappeler que si nous les accueillons nous avons aussi droit au respect ou bien ils continueront à être méprisés et rejetés par la population avranchinaise.

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    1. L’aire déjà ancienne mise à disposition est aujourd’hui totalement sous-dimensionnée. Et ce n’est pas nouveau.
      Quant au signalement de racket et de harcèlement, je le considère avec beaucoup de sérieux. Avez-vous contacté la direction de l’école à ce sujet ? Si vous dites vrai, cette situation doit immédiatement être traitée. Merci de me contacter en message privé pour faire le point.

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      1. Dialoguer, comprendre les représentations de chacun, dure tâche Monsieur Nicolas, respect et admiration pour votre démarche, et courage…………

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    2. Désoler madame vous juger les gens sans à prendre a les connaître je fait fait parti des gens du voyage vivant sur Avranches ma fille fréquente l école parisis et je peut vous dire que si vous saviez les insultes et les moquerie que vos enfant disents au enfant du voyage vous serait choquait ma fille revient souvent de l école en pleurent me disent pourquoi maman les autre enfant ne veulent pas jouer avec moi il disent que j’ai des poux pourtant maman je suis comme eux vous savait comme votre enfant vous dit ces choses c est insupportable car je me dis sa ne changera jamais étend aller a l école moi aussi j’avait les même réflexion et je peux vous dire que cette douleur et toujours la au jour d’uit je pense que si vos enfants on de telles réflexions a propos de nos enfants c est qu’il entendre les propos de leurs parents vous nous laisser aucunes chance pour vous prouver qu’ons n’ais pour pas des sauvage rébus de la société nous somme encore plus français que certains des habitant d ‘Avranches nous sommes pas des étranger qui viennants envahir votre pays c est aussi le notre français ons veut juste vivre comme en veut et cela dérange la France oui je dis la France parce qu’elle nous traite comme des étranger nous sa fait des année qu’on vit sur Avranches nos a demander au maire de nous trouver un bout de terrain meme a louer pour que l’ons puisse ce mettre sans gener les gens être tranquille et il n’y a rien qui se fait c est pour cela qu’ons et obliger de forcer les barrage pour s’stationner et metre nos enfant a l’école

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      1. La faute est due aux deux parties.

        Les sédentaires doivent avoir une ouverture d’esprit pour comprendre et respecter le mode de vie des gens du voyage. Il est très difficile pour certains de le comprendre du fait qu’ils vivent en marge de la société.
        Le problème de « squattage », n’est pas le fond du problème à mon avis. C’est l’image de votre communauté qui effraye les gens. Vous vous doutez bien qu’en étant différents et en marge de la société « normale » le moindre écart de conduite sera mis en avant. Le problème c’est que nous regroupons tous les gens du voyage (gitans, forains…) dans un même groupe et que lorsque qu’un incident se passe nous généralisons à tous ce groupe.

        A nous d’éduquer à nos enfants la tolérance envers ce mode de vie.
        Aider nous à comprendre et connaître pour ne pas faire de généralités.

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  2. Monsieur le maire
    je constate avec beaucoup de surprise que dans ce domaine, comme dans un autre que je connais bien, vous avez appris la bonne posture pour réussir en politique:
    – rejeter sur les autres les responsabilités afférentes à sa fonction.
    – Donner beaucoup de temps au temps.
    Comme c’est un domaine que je maitrise mal, je vous laisse le bénéfice du doute.
    Dans l’autre domaine ma réaction va être toute différente et beaucoup plus argumentée juridiquement.
    Cordialement.
    .

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    1. Cher monsieur Gosselin, la compétence « aire d’accueil des gens du voyage » relève de la communauté de communes.
      C’est un fait juridiquement établi.
      En revanche, le pouvoir de police nécessaire au bon maintien de l’ordre public me revient et j’en fais usage, sans « rejeter la responsabilité » (comme vous le dites) sur quiconque. Merci de bien vouloir préciser vos propos qui semble dissimuler quelques sous-entendus.
      Cordialement

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