Allocution du 11 novembre 2016

 

 

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Ce matin, en préparant cette allocution, je me suis posé cette question : que représente pour nous le 11 novembre ?

Une chose est sûre, cette fête nationale, toujours bien vivante en France, est aussi et surtout un jour férié bien connu des citoyens.

Sa date commémore un jour historique de notre Nation : l’Armistice de 1918 qui correspond officiellement à la victoire des alliés et à la défaite allemande qui aboutit aussi à la fin de la dynastie des Habsbourg qui reignait sur l’Autriche depuis plus de 600ans.

Mais ce jour symbolise surtout depuis près de 100 ans le dénouement de la première guerre mondiale et la paix retrouvée.

Signé le 11 novembre 1918, à 5h15 du matin, dans un wagon stationné dans la clairière de Rethondes en forêt de Compiègne et réquisitionné par l’armée française pour être transformé en bureau de commandement du chef des armées alliées, l’Armistice prend effet sur le front à 11 heures du matin.

Les plénipotentiaires allemands sont des agents diplomatiques de l’Allemagne car, à ce moment de la guerre, l’empereur Guillaume II vient d’abdiquer et le chancelier, Max de Bade, a démissionné. L’Armistice de 1918 n’est, cela dit, pas la capitulation qui est effective  le 28 juin 1919 lors de la signature du Traité de Versailles. Signé dans la galerie des Glaces du château de Versailles, entre l’Allemagne et les Alliés, ce traité condamna sévèrement l’Allemagne en mettant fin à la Première Guerre mondiale. Préparé par les vainqueurs, le « Diktat », terme employé pour désigner ce Traité imposé aux Allemands sans négociations, est vécu comme une humiliation et fera naître un sentiment de revanche avec les conséquences que l’on connait.

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11 novembre 1918

Le canon cesse de tonner à la onzième heure du onzième jour du onzième mois de l’année 1918 sur le front. Dès cet instant, volées de cloches et sonneries de clairon annoncent la fin des combats sur le front occidental, après quatre ans de guerre qui ont laissé une France exsangue et 1.500.000 victimes, qui abondent au total des morts et de blessés qui dépasse les 8 millions. La date du 11 novembre n’est pas choisie par hasard puisqu’elle coïncide avec la fête traditionnelle du saint patron des Francs, St-Martin.

Plus tard, le 24 novembre 1922, le Parlement déclare le 11 novembre « fête nationale » avec la dénomination de « Jour du Souvenir ». Dès lors, le 11 novembre devient un jour férié. Le 11 novembre de l’année suivante,  une « Flamme du Souvenir » est allumée par le ministre de la Guerre André Maginot. Flamme sacrée qu’un « Comité de la Flamme » a depuis la tâche de raviver tous les jours au crépuscule.  Elle ne s’est jamais éteinte, même pendant l’Occupation.

Depuis 2012, ce Jour du Souvenir, qui célèbre l’anniversaire de 1918, rend donc aussi hommage à tous les morts pour la France en vertu de la loi du 28 février 2012.

Ainsi ce sont tous soldats français décédés en opération sans distinction de guerre auquel nous rendons hommage en ce jour. Néanmoins, un sentiment diffus de « trop de commémoration tue la commémoration » est né en France depuis la fin du XXsiècle, couplé avec la disparition des témoins directs de la Première guerre reléguée aux pages des manuels d’Histoire.

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Nos sociétés sont-elles condamnées à oublier ?

Dans un monde en quête de repères qui voit une partie de sa jeunesse partir à la dérive, un monde dans lequel cette jeunesse ne comprend plus les directions vers lesquels nous sommes entraînés, quel message porte notre commémoration ?

À une époque où l’Histoire elle-même peine à rester un outil intelligible susceptible d’inscrire dans les mémoires collectives les mécanismes de l’horreur du passé qui doivent pourtant nous permettre de trouver le chemin de paix et de la liberté, il est important de remettre certaines valeurs en avant afin de garantir pour le maintien de la cohésion sociale.

Deux notions, souvent malmenées dans le contexte actuel ou l’emballement médiatique prévaut bien souvent sur la réflexion et l’analyse, méritent d’être valorisées au quotidien : l’éducation et l’autorité.

Éducation et autorité sont liées.

J’entends l’éducation au sens très large du terme. L’éducation s’exerce en premier lieu au sein de la famille, puis, bien entendu, au sein de l’école ou encore du monde associatif.

L’éducation c’est l’apprentissage du fond et de la forme ; l’apprentissage des règles qui font la Société, qui régissent les comportements dans le respect de la liberté de chacun. L’éducation c’est aussi l’acquisition de connaissances, de contenus qui structurent l’individu et l’amènent à réfléchir et à comprendre son environnement, à décrypter notre monde à l’aune des événements tragiques de notre histoire.

En cela, notre 11 novembre est un événement patriotique éminemment éducatif. Et je sais que dans les écoles d’Avranches les enseignants utilisent de manière très pédagogique cette histoire nationale européenne et mondiale afin de faire comprendre le monde contemporain.

Mais pour atteindre un vrai degré d’efficience, l’éducation doit pouvoir s’exercer dans un environnement où la notion d’autorité est respectée. L’autorité n’est pas simplement un rapport de force, d’ailleurs elle ne doit pas l’être. L’autorité c’est avant tout le respect mutuel entre celui ou celle qui l’exercer et celui ou celle qui en bénéficie.

L’autorité s’exerce en de nombreux lieux de notre société. C’est l’autorité parentale, l’autorité de l’enseignant, l’autorité des forces de l’ordre, mais aussi l’autorité des élus et de tous les encadrants qui évoluent  notamment dans le milieu associatif ; et je pense ici particulièrement aux encadrants de nos jeunes sapeurs pompiers présents ce matin ou de nos jeunes musiciens de l’école de musique. Sans le respect de cette autorité, alors l’éducation peine à faire son œuvre.

À observer notre monde aujourd’hui il me semble urgent de restaurer cette autorité à tous les niveaux que je viens de citer. Car si cette autorité n’est plus effective alors plus aucun message éducatif ne peut passer. Plus aucune valeur, plus aucune notion de transmission du passé n’est possible. Sans l’autorité, le maître ne peut enseigner. Sans l’autorité les parents ne peuvent plus faire grandir leurs enfants.

Et, sans ce couple primordial que constituent autorité et éducation, il devient impossible de construire l’avenir de notre société.

Pour cette raison, ce matin j’encourage l’ensemble des éducateurs ici présents, à maintenir leurs efforts pour continuer à élever cette jeunesse qui a tant besoin de repères et qui, faute d’être prise en considération, s’engage sur les pistes de l’obscurantisme et de la négation de l’humanité.

Mais je suis confiant et déterminé car je vois ici et là des initiatives qui témoignent de la prise de conscience nécessaire pour traiter à la racine les dérives que nous connaissons. Nous devons par ailleurs nous prémunir face à une épidémie populiste, faite de discours nauséabonds et faciles, en maintenant notre action en faveur de l’éducation des citoyens à la Démocratie.

Sur ces mots de conclusion, je vous souhaite un beau 11 novembre ensoleillé.

Vive la République et vive la France !

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2 réflexions sur “Allocution du 11 novembre 2016

  1. je n’ai pu être présente lors de ton allocution, c’est pourquoi je viens de la lire;
    entièrement d’accord avec tes arguments concernant l’autorité et l’éducation

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